Religion catholique

Candidate au sacerdoce : Suite…et fin ?

Comme vous le savez peut-être, j’ai écris et enregistré en vidéo, une lettre ouverte à l’Eglise catholique. J’y exprime l’appel au sacerdoce ministériel que je ressens fortement en moi, et j’avais à cœur de l’adresser essentiellement au corps épiscopal, afin que les évêques, qui reçoivent habituellement et examinent les candidatures au sacerdoce, soient informés qu’une femme adulte, mariée et mère de 3 enfants jeunes adultes, baptisée et confirmée dans la foi de l’Eglise catholique, ressent cet appel au sacerdoce ministériel, et qu’ils puissent entendre comment il s’exprime dans sa chair, dans son cœur et dans tout son être.

Mais comment atteindre les évêques en général, ayant déjà écrit une lettre à mon évêque en juin 2017, restée sans réponse jusqu’à ce jour ?

Pour une raison autre, en lien malgré tout avec l’incarnation de Dieu en Jésus-Christ, et de la place du féminin et du masculin dans cette incarnation, j’ai adressé un courrier courant avril 2018, à deux autres évêques, celui de Créteil et celui de Coutances-et-Avranches, vu que l’appel au sacerdoce que j’ai reçu en germe de manière explicite la nuit du 15 mai 2013, avait un lien fort avec Notre-Dame de Pontmain. Je leur ai donc fait part également, de mon appel au sacerdoce.

Seul Monseigneur Le Boulch’c m’a répondu, prenant le temps de m’écrire dans le mois qui a suivi, une longue et respectueuse lettre, pleine d’humanité, mais finissant par cette phrase que j’ai mis un peu de temps à digérer…: « Reposez-vous dans la confiance en l’Eglise, Corps du Christ et Temple de l’Esprit ».

J’avoue que la première partie de la phrase m’est restée un long moment en travers de la gorge, aux vues de tous les abus sexuels, abus de pouvoir et autres compromissions de nombreux membres du clergé (et de nombreux laïcs) de l’Eglise catholique. Et puis finalement j’ai choisi la confiance, en adressant ma lettre ouverte à tous et toutes, comme une main tendue, un appel à la rencontre et surtout à l’écoute de qui je suis, de ce que je porte en moi, en tant que femme et baptisée. Souhaitant vivre pleinement au sein de l’Eglise Universelle cette vocation de prêtre, de prophète et de roi, commune à tous les baptisés, tout en étant fidèle à cet appel pressant que je ressens, de donner le Christ en nourriture à mes frères et sœurs en humanité, au travers du signe de l’Eucharistie et de celui du Pardon des péchés, qui est l’expression de la réconciliation possible entre l’être humain imparfait par nature et Dieu lui-même, grâce à Jésus-Christ mort et ressuscité pour le Salut du monde.

Pour que le maximum d’évêques soient au courant, j’ai logiquement cherché à joindre la conférence des évêques de France, écrire à chaque évêché ayant un coût non négligeable, la plupart n’ayant d’ailleurs pas de mail affiché directement sur leur site. Il existe juste un formulaire de contact, sur lequel on ne peut transmettre aucun fichier joint.

Ce qui est le cas, d’ailleurs, pour la conférence des évêques de France… Quelle modernité de prise de contact et d’ouverture ! Et pourtant il y a des Évêques qui tweetent et d’autres qui ont une page Facebook. Mais pas de possibilité de leur envoyer un mail directement, ni un fichier joint !!!

J’ai donc demandé au secrétariat de la CEF s’il était possible de faire parvenir un mail avec fichier joint ; comme je l’ai fait pour le diocèse de Coutances, où une charmante secrétaire pleine d’attention m’a répondu immédiatement, pour me donner les coordonnées, en signant poliment son mail.

Voici mon échange « internet » avec la CEF

Envoi du 26 juillet 2018

Objet du message : comment envoyer un mail avec fichier joint ?

Message : Bonjour, je voudrais adresser en tant que catholique du diocèse de Montauban, un message à la Conférence des évêques de France. Il s’agit d’une lettre ouverte à l’Eglise catholique destinée principalement au Corps Episcopal. Je trouve plus logique et respectueux de solliciter directement La Conférence des Évêques de France, en espérant que mon message arrive par la suite à tous les évêques. Mgr Ginoux est au courant (par courriel) de ma démarche, ainsi que deux autres évêques. Cordialement. E. Saint-Pastou

Réponse du 8 août 2018

Bonjour, 

Vous pouvez adresser votre courrier au Secrétariat général de la Conférence des évêques de France

58, avenue de Breteuil

75007 Paris

 Cordialement

Tout ce temps pour me donner une réponse aussi basique et impersonnelle… j’ai eu l’impression de recevoir un courrier de la Sécurité Sociale 😅

mais bon, nous sommes en période d’été, et sûrement de congés, alors j’ai, comme on me le proposait, envoyé sans discuter ma lettre ouverte par voie postale, accompagnée d’un courrier particulier et d’un petit mot manuscrit à l’attention du secrétaire général et du président de la CEF, leur exprimant que je remettais en confiance ce courrier entre leurs mains, laissant la suite à leur discernement.

Voici le courrier accompagnant ma lettre ouverte, posté le vendredi 10 août :

Chers frères évêques, membres du Corps Épiscopal de l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique 

Vous ne me connaissez sûrement pas car je suis une brebis anonyme parmi d’autres du troupeau de l’Eglise catholique. Aussi c’est humblement que je viens vers vous, afin de vous exprimer ce qui habite fortement le fond de mon coeur et vous demander conseil.

L’un d’entre vous, suites à mes réflexions et questionnements, m’a invitée à me reposer dans la confiance en l’Eglise, Corps du Christ et Temple de l’Esprit. Alors en vous écrivant c’est ce que je choisis de faire. J’ai confiance en chacun de vous, en l’Amour et en l’Esprit de Dieu qui, je le sais et je le vois au travers de vos écrits ou homélies, habitent et vivent en vous, même quand parfois votre humanité semble les déformer à mes yeux.

Veuillez trouver ci-joint une lettre ouverte à l’Eglise que j’ai publié dimanche 22 juillet sur mon blog DANS LES PAS DE JÉSUS-CHRIST fillededieufilledelhomme.wordpress.com, ainsi qu’une vidéo enregistrée spécialement à votre intention, avec l’aide de mon mari.

Je ne viens pas vers vous pour revendiquer quoi que ce soit, ni pour juger (et encore moins condamner) le choix de l’Eglise de ne pas ordonner des femmes au sacerdoce ministériel.

Mais je ressens fortement le besoin de vous faire part de cet appel, de comment il me traverse et m’habite. C’est tout. Je n’attends rien de plus de vous que votre écoute bienveillante.

Et si vous ne souhaitez pas me lire ni m’entendre, je le respecte. Mais moi je saurai que j’ai fait de mon mieux et que je me suis donnée le maximum de moyens pour que vous puissiez avoir accès à ce que j’ai à cœur de partager avec vous.

Que l’Esprit du Père bénisse chacun de vous, mes chers frères dans la Foi, au nom de Jésus-Christ, de Son Amour, et de l’amour de l’Eglise qui nous unit vous et moi, même si nos points de vue diffèrent parfois.

Cordialement,

Elisabeth Cécile 

Fille de Dieu, Fille de l’Homme, baptisée pour témoigner !

Vous trouverez en photo la « réponse collector » de la CEF, au travers de l’homme qui répond plus vite que son ombre : Mgr Olivier RIBADEAU-DUMAS, secrétaire général et Porte-Parole de la CEF

(qui, je le note au passage en bas de page, possède une adresse mail !!! secretariat.general@cef.fr 😅)

Il répond en son nom propre, le jour même où il a reçu la lettre, soit le 11 août 2018. Donc je ne sais s’il a fait passer mon courrier à d’autres évêques. Le cachet de la poste montrant que sa réponse m’a été postée le 20 août, qui sait si d’autres l’ont lu entre temps ?! Il me semble qu’il a choisi de répondre seul à ma demande d’être entendue par tous. « J’ai bien reçu votre lettre et j’en ai pris connaissance. Il n’appartient pas aux évêques de France de revenir sur la doctrine du Magistère concernant l’ordination au sacerdoce ministériel des femmes »

Il me semble donc logique de penser que ma lettre n’ira pas plus loin que lui et ne sera pas communiquée à d’autres évêques, parce qu’il estime que les évêques de France n’ont pas à entendre ma candidature du fait que la doctrine dit : « non aux femmes ! » Pourquoi se fatiguer à en écouter une donc, surtout qu’il y a d’autres chats à fouetter en ce moment…même si en réalité les évêques de France ne punissent aucun des leurs, ils sont tous blancs comme neige, et innocents comme l’agneau qui vient de naître 😆😆😆😇😇😇

La seule petite note d’espoir pour moi, est qu’il m’a répondu le jour de la fête de Ste Claire d’Assise, une maîtresse femme qui s’est battue avec l’institution catholique pour défendre son choix d’une vie pauvre, et qui peut avant sa mort a obtenu du Pape lui-même, une bulle spéciale lui accordant « le Privilège de la Pauvreté » et approuvant ainsi la règle des sœurs clarisses, écrite entièrement de la propre main d’une femme (et de sa propre intelligence et volonté !).

Il y a un an, j’avais écrit à l’évêque de mon diocèse, à l’occasion de la marche pour les vocations, à laquelle je n’avais pu participer.

Je lui faisais part de ma communion à cette (dé)marche, lui exprimant mon appel au sacerdoce ministériel. Je lui partageais également ma tristesse après avoir entendu le vicaire général demander de prier pour que le Seigneur appelle de jeunes hommes à devenir prêtres, des garçons issus de nos terreaux paroissiaux, imprégnés de notre culture et de notre histoire. Je m’étais dit, un peu dépitée : « ils ne veulent pas des prêtres selon le coeur de Dieu, ils veulent des prêtres à leur idée…». Car de moi qui suis pourtant du terreau de ce diocèse, ils ne veulent pas…

C’est dur de se dire, à l’heure où le Pape François appelle le peuple de Dieu (clercs et laïcs) à se réunir dans une pénitence et une prière commune, afin de réfléchir aux maux terribles engendrés par ce qu’il nomme, « le cléricalisme », que les clercs n’ont aucune envie d’écouter ce que je porte en moi, et que d’autres femmes ou d’autres hommes, mariés ou non, portent aussi en eux.

Nos clercs, et nos évêques en particulier, ont des idées bien arrêtées sur comment et par qui, les chantiers choisis de chaque diocèse doivent être menés.

De plus, alors que les communautés paroissiales manquent cruellement de prêtres, les évêques préfèrent perdre du temps et de l’énergie à aller chercher des prêtres en Afrique, en Asie, ou dans les pays de l’Est… Des prêtres parfois malades, qui profitent de leur séjour en France pour pouvoir se faire soigner, et pour qui il faut se démener au sujet de la couverture sociale et des soins médicaux. Des prêtres qui ne connaissent rien à la culture française et ne parlent pas toujours parfaitement le français. Ils ne sont donc pas compris par les paroissiens lors de leurs homélies ou lorsqu’ils confessent, mais qu’importe, ils sont valides et conformes à ce que doit être un prêtre : ils ont fait leur séminaire et ils sont ordonnés. Que ces prêtres me pardonnent d’ecrire ceci à leur sujet, mais ils sont parfois bien maltraités ou « sur-traités » par les évêques, comme des biens que l’on se prète et que l’on s’échange…😢

Et comme ils sont célibataires, ils sont corvéables à souhait au service de Dieu et de l’Institution ! C’est ça donner sa vie tout entière pour le Christ, ça dont aucun laïc n’est capable, lui qui se voit obligé de travailler (ou d’être au chômage !), d’élever des enfants (ou de ne pas en avoir), de satisfaire aux besoins de son conjoint et de sa famille. Bref, d’accomplir tout un tas de choses bassement matérielles et humaines qui l’empêchent de donner toute sa vie à Dieu et d’être uniquement préoccupé, comme le sont les saints prêtres, des choses du Ciel ! Comme par exemple prêcher pour le denier du culte ou le loto paroissial afin de remplir la caisse, réfléchir au planning des messes, hésiter entre deux chasubles pour la prochaine fête à venir, ne pas oublier de demander si la soutane a bien été repassée, demander à la sacristine de changer l’eau des fleurs et la nappe de l’autel, se renseigner sur ce qui est prévu au menu les jours prochains, amener sa voiture à réparer (euh non à réviser car elle est neuve 🙄), compter le nombre de baptêmes et d’enfants catéchisés pour voir si on a bien travaillé, partir en courant d’un enterrement avant que le cercueil soit sorti de l’Eglise, devant tout le monde, sans s’excuser ni en préciser le motif… Que des choses sacrées quoi ^^ rien à voir avec la vie, surchargée de problématiques humaines, des pauvres laïcs 😂😂😂

Certains prêtres étrangers vivent mal le choc culturel et saisonnier de leur arrivée en France, déprimant dans des presbytères mal chauffés et pas toujours très bien accueillis par les locaux, d’autres au contraire n’ont plus envie de repartir, et sont perdus pour leur pays d’origine, ou y retournent la mort dans l’âme, mais qu’importe pourvu qu’on ait des messes ! Et puis on garde en poste, le plus longtemps possible, des prêtres âgés et fatigués, leur faisant assumer des charges trop lourdes pour eux, mais ce n’est pas grave…au moins on a quelqu’un pour dire la messe une fois de temps en temps, et qui peut continuer d’administrer les sacrements. C’est le seul intérêt du prêtre finalement : distributeur de sacrements 😬 Et Dieu merci, aucun des vieux prêtres du Tarn-et-Garonne n’a encore giflé un enfant apeuré lors d’un baptême !!!

Tout plutôt qu’une femme ou qu’un homme marié. Deux seuls impératifs nécessaires pour être prêtre : homme et célibataire, le reste comptant pour moindre dans l’appel au sacerdoce.

Je ne sais pas si j’irai plus loin pour que ma candidature au sacerdoce soit entendue et surtout écoutée et reçue. Et j’entends par là, reçue au fond du cœur et de l’intelligence, méditée, priée et digérée, afin d’y répondre avec le coeur et avec l’Esprit Saint.

Mais non, la doctrine élaborée par les anciens suffit a priori : homme et célibataire…tout le reste importe peu !

Et finalement, si c’est pour être prêtre à la manière dont ce ministère est pensé par le magistère, défini par la doctrine (et vécu par de nombreux prêtre) : un être au-dessus des autres, seul capable d’avoir accès au sacré et détenant le pouvoir de dire, de faire et de décréter au nom de Dieu (et non juste un pouvoir qui est la capacité de servir, d’annoncer, de donner et de recevoir, de bénir); un homme qui même s’il est dans le péché absolu le plus grave peut, du fait de la grâce de son sacerdoce, consacrer validement les espèces et donner le pardon au nom du Christ, tandis que de simples baptisés ne peuvent communier ou recevoir l’absolution, juste parce qu’ils couchent tous les soirs dans le même lit qu’un autre adulte pourtant consentant, mais qui est soit une personne de même sexe, soit quelqu’un avec qui ils ne sont pas liés par le sacrement du mariage (et ce même si cette union est engageante, noble, remplie d’amour, et qu’en plus la fréquence moyenne de l’acte sexuel dans un couple n’est absolument pas de une par nuit…c’est beaucoup moins 😬)

Je n’ai aucune envie d’être ordonnée prêtre dans de telles conditions. J’aurais l’impression de trahir le Christ et de ne pas être à son image, même si je sais que je le déformerai toujours, même quand je fais de mon mieux 😢

De plus, en essayant de garder mon calme et de rester sereine face à cette réponse reçue hier, car je ne veux pas réagir mais « agir » – yesss !!! J’ai fait des progrès et je n’ai pas réagi à chaud 💪🏼- j’ai reçu cette motion dans le coeur, comme une parole de Jésus soufflée par l’Esprit Saint : « Laisse-moi faire ! »

Alors maintenant que j’ai fait ce qu’il me semblait utile de faire – à mon petit niveau humain – pour que mon appel au sacerdoce ministériel soit entendu et reçu, je me repose dans la confiance, non en l’Eglise Corps du Christ et Temple de l’Esprit telle qu’elle se présente à mes yeux aujourd’hui, mais telle qu’elle est capable de devenir demain, grâce à chacun et chacune des baptisés, ouverts et ouvertes au Souffle de l’Esprit, qui seul achève toute sanctification dans le monde, en agissant où Il veut, comme Il veut et quand Il veut. C’est cela s’abandonner à la Divine Volonté. 🤗😇

Elisabeth Cécile 

« Il faut toujours prier comme si l’action était inutile et agir comme si la prière n’était pas suffisante »

Ste Therese de Lisieux

Ps. Au cas où certains auraient mal compris, je ne lâche rien de ma détermination à répondre à l’appel puissant que je ressens en moi d’être sacrement (donc signe visible) de la personne du Christ sur cette terre, appel qui m’invite à nourrir de Son eucharistie ceux qui ont faim de Justice et de Paix, et à donner de la part du Christ le pardon des péchés à tous ceux qui ont soif d’amour, de joie et de liberté !

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Finalement il y a longtemps que des femmes sont participantes du sacerdoce unique du Christ Tête, et la piété populaire exprime incroyablement ce que les savants et les doctes de la loi semblent incapables de voir.

Belle journée à tous et toutes 🤗

Elisabeth Cécile

Et merci aux clarisses d’Arras pour leur magnifique neuvaine !

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Belle fête de Sainte Claire !!!

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Marie, femme sacerdotale et liturgique

Marie est prêtre à mes yeux, selon l’ancienne et la nouvelle alliance :

Plus que tout autre homme (ou femme), Marie incarne la médiation entre Dieu et les hommes ainsi que celle entre les hommes et Dieu. Ce qui est la définition et le ministère du prêtre selon l’ancienne alliance.

Au travers du Fiat de Marie, Dieu offre au monde un rédempteur. Par son statut de Fille de Dieu, de Servante du Seigneur et d’Epouse de l’Esprit, Marie offre aux hommes, Dieu Lui-même, qui se fait désormais l’Unique Victime, une fois pour toute, rendant inutile tout autre sacrifice. Elle est en tant que femme, médiatrice entre Dieu et l’Humanité. Tout comme Jésus se fait, en tant qu’homme au masculin, médiateur entre Dieu et l’Humanité.

Dans son statut de Fille de l’Homme et dans son humanité de femme, en s’unissant au sacrifice de Jésus homme au masculin sur la croix, elle offre à Dieu avec l’humanité toute entière, l’Agneau sans tâche, immolé pour le salut du monde. Lui qui est également le fils de sa propre chair immaculée. Ce qui fait qu’elle aussi, comme Jésus et comme le prêtre qui agit en la personne et par l’autorité de Jésus lorsqu’il consacre, peut dire : « Prenez et mangez en tous, ceci est mon corps livré pour vous »

« Prenez et buvez en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l´Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés.»

Qui mieux que tout autre sur cette terre, à part Jésus lui-même, peut prononcer ces paroles de la consécration eucharistique que Marie ?  Par son Immaculée Conception, et en portant Jésus dans ses entrailles, elle fait corps avec lui et ils sont tous les deux une même chair. Elle est en intimité directe avec Dieu par Jésus, avec Jésus, en Jésus, et donc : par Lui, avec Lui, et en Lui !

Elle s’unit au sacrifice d’amour que Jésus offre au Père en étant victime avec Lui au pied de la Croix, son cœur douloureux et immaculé totalement uni à celui doux et humble de son fils. C’est de leurs deux cœurs transpercés que naît l’Eglise, qui sera baptisée dans le feu le jour de la Pentecôte. Et Jésus au moment de mourir la donne pour mère en tant que Femme à Jean, le disciple qu’Il aimait et qui nous représente tous, membres de l’Eglise Corps du Christ.

A travers ces deux âmes de Marie et de Jésus, qui s’effacent humblement l’une devant l’autre par leur pauvreté et leur humilité, Dieu s’abaisse pour entrer directement en intimité avec son peuple. Il n’y a plus besoin de l’intermédiaire du prêtre de l’ancienne alliance. Et si Jésus est l’Unique Grand-Prêtre au masculin, il semble à mes yeux de femme, que Marie au pied de la croix est l’Unique Grand-Prêtre au féminin. Jésus Nouvel Adam, Marie Nouvelle Eve, un homme et une femme unis de manière nouvelle pour sceller une Nouvelle Alliance qui rachète le péché originel, c’est à dire ce qui a séparé l’être humain de Dieu au fil de son évolution et qui a été mis en parabole dans le récit de la Genèse. L’image de Dieu sur terre, tel que décrit dans la Genèse, et qui exprime le mieux Son Amour et Sa Miséricorde, c’est l’union indissoluble du masculin et du féminin.

Marie et Jésus sont indissociables et unis pour l’éternité, tant par la chair que par l’esprit : il est le fruit de ses entrailles, conçu de l’Esprit Saint et elle est la comblée de grâce qui écoute la parole de Dieu et la met en pratique. Leur nourriture, c’est de faire la Volonté du Père qui les a « envoyés » sur terre.

Et si elle a laissé toute la place à Jésus lors de son ministère sur terre, s’effaçant devant Lui en disant « faites tout ce qu’Il vous dira », aujourd’hui, c’est elle qui prend la place du Christ et c’est elle qui est missionnée par Dieu Père pour annoncer La Parole qu’est le Christ, pour nous le donner en nourriture, pour prêcher la conversion et le pardon des péchés, pour réconcilier le monde avec Dieu et accomplir des miracles. N’est-ce pas le sens de toutes ces apparitions mariales un peu partout dans le monde ? De même que toutes ces représentations mariales issues de la piété populaire ? Comment les comprendre sinon ?

S’il y a bien une femme qui depuis plus de deux milles ans vit et accomplit pleinement avec grâce le sacerdoce ministériel de Jésus, c’est bien Marie, tout à la fois Fille de l’Homme et Fille de Dieu, Servante et Épouse de l’Eglise, tout comme le Christ est Serviteur et Époux de l’Eglise.

Je n’ai pas d’autre modèle que Marie dans mon intention de vivre et d’accomplir au féminin l’Unique Sacerdoce du Christ, ni d’autre modèle que Jésus dans mon intention de le vivre et de l’accomplir au masculin.

Tout comme il me semble le font déjà tous les prêtres ordonnés de l’Eglise catholique, dont aucun je crois (ou alors vraiment très peu) n’accomplit son ministère sans cette union du coeur à Marie, certes Vierge et Mère, mais avant tout Femme.

Une femme bénie entre toutes les femmes, notre sœur en humanité à tous et toutes, tout comme Christ est notre frère en humanité à tous et toutes. Un Dieu qui se fait chair et s’incarne en l’Homme, homme et femme. Dieu fit l’Homme à son image, homme et femme il le fit…

Amen

Elisabeth Cécile 

Post-sriptum : regardez et contemplez Marie à Pontmain et à La Salette. Comment ne pas la voir en habit liturgique, à l’image du prêtre lorsqu’il célèbre ou administre les sacrements ? … Je ne suis plus capable de la voir autrement. C’est une évidence pour tout mon être.

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FEMME ET PRÊTRE

Femme et Prêtre !

Il y a la lionne en moi, surgissante, rugissante et dévorante ; la louve prête à tout ; la tigresse redoutable…

Il y a la gazelle aussi, fragile et innocente, apeurée ; l’agnelle sans défense… 

Je ne suis pas l’une ou l’autre, 

je suis l’une ET l’autre ! 

Cette femme sauvage et libérée me faisait peur, 

Issue de la terre et ancrée dans le sol, 

Mais c’est elle seule qui peut protéger et aimer l’être innocent que je suis, 

Le porter haut vers le Ciel, en offrande au Père créateur.

L’énergie de vie créatrice la traversant des pieds à la tête la maintenant debout :

Puissante et humble à la fois, 

Forte et fragile dans le même temps.

Enracinée comme le chêne et flexible comme le roseau

Immobile comme le marbre et souple comme la liane, 

Solide comme le roc et fine comme un cristal, 

Transparente à la lumière et noire comme l’ébène.

« Je suis noire mais je suis belle, filles de Jérusalem, et le roi s’est épris de ma beauté » 

Il fait de moi une reine, une prophétesse et une prêtresse :

Une prêtresse pour célébrer, 

une prophétesse pour proclamer, 

une reine pour régner.

Régner sur quoi ? Le Royaume de Dieu déjà présent en moi et au milieu de nous !

Proclamer quoi ? Le Royaume de Dieu déjà présent en moi et au milieu de nous !

Célébrer quoi ? Le Royaume de Dieu déjà présent en moi et au milieu de nous !

Qu’ai-je besoin de revendiquer la consécration humaine de ma vocation ?

C’est Dieu qui me confirmera dans ce que je suis par Son Esprit.

Si l’Eglise des hommes refuse de m’accorder la dignité du ministère de Prêtre, de Prophète et de Reine, 

M’interdisant l’accomplissement des gestes qui accompagnent ce service, peu m’importe, je l’accueille avec simplicité et détachement.

Car Christ, Lui, est avec moi, en moi, 

Et Il m’a consacrée par l’huile de sa grâce, le parfum de son amour et la force de sa bénédiction.

Il vit en moi et je désire le laisser accomplir ce qu’Il veut en moi, à travers moi

C’est Lui qui agit dans le prêtre, dans le prophète, dans le roi ou la reine,

L’être humain n’étant qu’un sacrement, un signe au service de Sa Présence, de Sa Puissance, de Son Amour, de Sa Vie

Un outil dans les mains de ce Saint Charpentier,

A la fois Fils de Dieu et Fils de l’Homme,  

Seul grand prêtre, seul grand prophète, et seul grand roi du Royaume éternel, déjà vivant en nous et au milieu de nous. 

Pourtant Il choisit d’avoir besoin de nous, 

De passer par l’instrument de notre humanité,

Afin de se faire pauvre et humble à travers l’œuvre de nos doigts,

Prêt à mourir d’Amour dans la crasse et la violence de nos mains,

Pour nous faire revivre dans la gloire de Sa Miséricorde infinie !

Rien ni personne ne peut me séparer de l’Amour du Christ ni de Son Sacerdoce,

Ni la mort ni la vie, ni présent ni avenir,

Je serai forte et fragile tant que je vivrai,

Éternellement …

Et je me glorifierai de ce qu’Il vit en moi,

Tant dans ma force que dans ma faiblesse,

Tant dans mon humilité que dans mon orgueil, 

Tant dans ma confiance et ma foi que dans mes peurs, mes doutes, parfois si grands…

Car c’est telle que je suis qu’Il m’a choisie et appelée, 

Telle que je suis qu’Il m’a créée : 

FEMME, Fille de Dieu et Fille de l’Homme !

Pleinement l’une et pleinement l’autre, 

Jamais l’une sans l’autre, 

Toujours l’une avec l’autre.

Amen !

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Candidate au Sacerdoce

ME VOICI ! CAR VOUS M’AVEZ APPELÉE…

LETTRE OUVERTE A MON EGLISE :

Une, Sainte, Catholique et Apostolique

Dimanche 22 juillet 2018,

en la fête de la Résurrection  et de Sainte Marie-Madeleine, Apôtre des Apôtres

Chers frères en Christ,

Si je ne nomme pas mes sœurs ce n’est pas parce que je les oublie, c’est parce que je m’adresse d’abord à vous, membres du clergé séculier et du collège apostolique, appelé aussi corps épiscopal, et que dans cette partie du grand Corps du Christ qu’est l’Eglise catholique universelle, il n’y a pas de femmes, uniquement des hommes.

Je sais que beaucoup d’entre vous pensent que c’est normal, que l’on a toujours fait ainsi, que les femmes n’ont pas leur place dans cette partie du corps. Cela m’a longtemps révoltée je l’avoue, mais plus maintenant. J’ai compris que ce n’est pas à moi de décider ce genre de choses. Je n’ai pas ce pouvoir.

Il y a des jours où j’aimerais ne pas ressentir cette motion intérieure qui me pousse à vous parler. Je voudrais pouvoir continuer tranquillement ma vie,

Malgré tout, me voici là, devant un écran, en train de vous écrire. Si seulement je pouvais faire autrement… mais c’est impossible ! Je me sens poussée par quelque chose qui me dépasse, comme obligée de vous exprimer haut et fort ce qui a grandi en moi et qui arrive aujourd’hui à son terme, ce dont je ne peux m’empêcher d’accoucher. A l’image de toute femme enceinte qui n’a pas la capacité de se retenir de mettre son enfant au monde. Lire la suite

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