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« Durant la thérapie, Father Ed reconnaît avoir abusé d’au moins 35 jeunes garçons depuis qu’il a été ordonné. “Un rapport sexuel avec une femme est un péché, affirme-t-il durant sa thérapie, mais pas avec des enfants. C’est quelque chose qui leur est extérieur”. »

Non seulement je suis un symbole de péché aux yeux de nombreux hommes d’Eglise, mais en plus je me sens aussi responsable de tous ces enfants violés dans leur chair parce que certains hommes ordonnés prêtres trouvent plus acceptable d’abuser d’enfants que de commettre un péché avec une femme….

Horreur absolue pour mon coeur d’enfant, de femme et de mère…

💔💔💔😭😭😭

https://www.cath.ch/newsf/abus-sexuels-en-pennsylvanie-father-ed-un-cas-emblematique/

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Finalement il y a longtemps que des femmes sont participantes du sacerdoce unique du Christ Tête, et la piété populaire exprime incroyablement ce que les savants et les doctes de la loi semblent incapables de voir.

Belle journée à tous et toutes 🤗

Elisabeth Cécile

Et merci aux clarisses d’Arras pour leur magnifique neuvaine !

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Belle fête de Sainte Claire !!!

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Qui je suis …

C’est incroyable comme cette affirmation, qui résonne aussi comme une question, me revient en force ces jours-ci. Depuis hier, je réalise qu’à la première personne du singulier, « je suis » possède un double sens. Comme si être ne pouvait s’envisager, au singulier, que dans un mouvement, une recherche perpétuelle de sens. Comme si seul, pour exister, je devais toujours être en train de poursuivre quelqu’un ou quelque chose. Être et suivre, deux verbes identiques à la première personne du singulier : je suis !!!

Alors que lorsque « nous sommes », Lire la suite

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Qui cherche trouve… et qui a trouvé ne peut que témoigner !!!

Aviez-vous déjà remarqué que la gloire éclatante de Jésus se révèle à nos yeux d’êtres humains que dans l’intimité, dans la solitude ou en petit comité ? Et ce après une longue recherche ou une rude ascension ?

La gloire éclatante signifie, dans ce que j’en ai expérimenté, une lumière intérieure intense, pleine de vie mais forte de douceur, n’écrasant pas celui qui la regarde et qui remplit d’un amour, d’une paix et d’une joie qui débordent de tendresse et de gratitude pour toute la création et toutes les créatures. Mais on ne la perçoit en général que de courts instants, et bien souvent au bout d’un long chemin.

C’est le cas pour Marie-Madeleine qui cherchait désespérément le corps de son Seigneur et maître, c’est le cas des disciples d’Emmaüs qui cherchaient à comprendre pourquoi Jésus était mort alors qu’ils étaient persuadés qu’il était le messie attendu, venu délivrer Israël. C’est le cas de la samaritaine qui cherchait un amour qui ne tarit pas mais ne le trouvait en aucun homme.

Dans l’évangile de ce jour ou nous fêtons la Transfiguration, les trois apôtres Pierre, Jacques et Jean, ne semblent pas en recherche, cependant ils ont répondu oui à l’appel de Jésus, ils sont engagés comme disciples, et sont donc, en recherche de l’enseignement de leur maître.

En réponse à leur quête, Jésus les invite à l’écart, et après une rude ascension, Dieu lui-même leur révèle la gloire de Jésus-Christ « Celui-ci est mon Fils Bien-aimé : écoutez-le ! »

Mais si on lit la deuxième épître de Pierre, qui lui était présent sur le mont Thabor, voilà ce que Dieu aurait réellement dit d’après Pierre : « Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé ; en lui j’ai toute ma joie. »

J’ai l’impression que cette petite nuance de récit entre celui qui rapporte les faits par ouï-dire et celui qui les a vu de ses propre yeux fait toute la différence !

Dans l’évangile de Marc l’accent me semble mis sur l’importance d’écouter Jesus car il est Fils bien-aimé du Père, mais avant tout Fils de Dieu. Et pour cela, il faut l’écoutez ! Annonce qui me parait être plus théorique et fait appel à la raison. De plus l’Evangile finit sur une injonction à taire cette révélation glorieuse de Jésus, jusqu’à un événement dont les disciples ne comprennent pas la signification. Alors ils observent scrupuleusement le silence, tout en s’interrogeant entre eux.

Il me paraît intéressant de lire le témoignage que Pierre fait, non seulement après cette fameuse résurrection, mais aussi après avoir été rempli d’Esprit Saint à la Pentecôte. Un témoignage que lui aussi ne fait pas sur la place publique mais comme une confidence et un testament écrit à ses bien-aimés (dont nous sommes). Là encore, comme si Dieu ne pouvait se donner à connaître que dans une transmission de proximité et d’amitié.

« Bien-aimés, ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais c’est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur.

Car il a reçu de Dieu le Père l’honneur et la gloire quand, depuis la Gloire magnifique, lui parvint une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé ; en lui j’ai toute ma joie.

Cette voix venant du ciel, nous l’avons nous-mêmes entendue quand nous étions avec lui sur la montagne sainte.

Et ainsi se confirme pour nous la parole prophétique ; vous faites bien de fixer votre attention sur elle, comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur jusqu’à ce que paraisse le jour et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs. »

L’apôtre Pierre semble nous exprimer autre chose que l’évangile de Marc, et insiste surtout sur la fierté du Père qui met toute sa gloire et sa joie en Jésus, son Fils bien-aimé. C’est en observant cela de ses propres yeux que se révèle à Pierre la grandeur de Jésus.

Le témoignage qu’il en donne me semble avoir une force que ne possède pas le récit de Marc.

On retrouve chez Pierre le même élan que celui de la samaritaine qui court vers ceux de son village et s’exclame toute impressionnée : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ! ».

Le même élan que celui des disciples d’Emmaüs et de Marie-Madeleine qui, remplis d’émotion et de joie, courent annoncer la bonne nouvelle aux onze.

Je crois que la fête de la transfiguration nous invite à trois choses essentielles :

1) Cherchons Jésus sans relâche, seul ou en petit groupe, sachant que si notre coeur n’est pas brûlant de l’annoncer c’est, je crois, que nous n’avons pas encore vu et contemplé sa gloire.

Hors il désire la révéler à chacun et chacune de nous. Donc ne cessons jamais de chercher à rencontrer la personne glorieuse qu’est Jésus-Christ, en étant attentifs aux appels à le suivre à l’écart qu’il nous lance. Et n’ayons pas peur de gravir la colline !

Ensuite une fois que nous l’avons trouvé, ayons conscience que Christ est bien ressuscité et vivant au milieu de nous, et que plus rien ne peut nous empêcher de témoigner de ce que nous avons vu et entendu.

2) Ne cherchons pas à faire des phrases ou des discours compliqués, en embellissant la réalité ou en lui faisant dire ce que nous souhaiterions transmettre, racontons simplement ce que nous avons cherché dans l’intimité sans relâche comme une lumière dans la nuit, jusqu’à ce que la splendeur du matin de Pâques se révèle à nos cœurs.

3) attirons à l’écart les personnes à qui nous aimerions faire connaître la splendeur du Christ, et transmettons leur notre témoignage dans une relation de proximité et d’amitié, comme Dieu fait avec nous.

Sachez que moi j’ai mis très longtemps à accueillir Jésus ressuscité et vivant dans ma vie. Soit je pleurais sur mon malheur et souffrait à côté de Lui sur la croix , désespérée par la mort ; soit je râlais de ce qu’il n’avait pas rempli ses promesses de délivrance et de bonheur… et encore moins à la manière dont moi je le souhaite et l’imagine !

Et comme cela fait longtemps que je fonctionne ainsi, même si j’ai vraiment expérimenté un souffle puissant de résurrection qui a changé mon regard, je dois encore travailler changer mes vieilles habitudes, et à l’accueillir jusque dans mes racines profondes qui se nourrissent toujours de souvenirs douloureux et mortifères, afin que tout mon être soit revigoré.

Alors courage : qui cherche trouve, et Dieu se laisse trouver. Il nous aime trop pour se cacher indéfiniment à notre regard et ne pas vouloir que tout notre être soit transfiguré, à l’image de celui de Jésus sur le Thabor.

Et il dit de chacun avec fierté « Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j’ai toute ma joie », et de chacune avec tout autant de fierté « Celle-là est ma fille bien-aimée en qui j’ai toute ma joie. » Alléluia !

Elisabeth Cecile

Nb. L’image illustrant mon propos est une icône peinte à la main que vous pouvez trouver à cette adresse : https://sites.google.com/site/sainteimage/icone-de-la-transfiguration

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Un prêtre… !!! Pour qui? Pour quoi? Comment ?

En ce jour où nous fêtons St Jean-Marie Baptiste Vianney (que j’appelle affectueusement mon petit curé !) j’ai à cœur de vous partager ma réflexion et ma méditation priante de ces jours derniers, concernant le sacerdoce ministériel auquel je me sens appelée par amour pour le Christ.

Mes propos risquent de surprendre mais qu’importe, je ne cherche pas à avoir raison ni à être validée, mais seulement à exprimer le petit peu qui m’habite de la Vérité qu’est Jésus-Christ , et à partager mes recherches pour que cette Vérité grandisse en moi, en vous et dans l’Eglise Universelle.

J’ai toujours entendu l’Eglise catholique dire que, dans l’Alliance Nouvelle que Jésus est venu sceller sur terre, une fois pour toute, au prix de son propre sang, il n’y a plus besoin d’autres sacrifices. En acceptant de mourir sur le bois de la Croix, Jésus est à la fois, l’ultime victime offerte au Père et désormais L’UNIQUE GRAND PRÊTRE. Jésus-Christ est désormais le seul médiateur entre Dieu et toute l’humanité et il n’y a plus besoin d’autres prêtres que Lui comme intermédiaire entre Dieu et le peuple.

Prêtre… Pour qui ? Pour quoi ?

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, ou peu, en quoi consistait la fonction du prêtre au sein du peuple hébreux, et donc dans l’Ancienne Alliance, voici quelques éléments d’éclairage et de rappels, tirés de liturgie.catholique.fr, de la Conférence des Évêques de France et issu d’un dictionnaire de Liturgie. J’ai supprimé les nombreuses références bibliques mais vous les trouverez dans le texte original.(lien ici)

« Dans l’ancienne Alliance, les prêtres sont ceux qui « s’approchent de Yahvé » pour recevoir sa Parole et la transmettre au Peuple, comme pour lui offrir les sacrifices d’Israël. » Ils sont donc considérés comme ayant seuls, le privilège de la proximité et de l’intimité de Dieu, seuls capables et légitimes de transmettre Sa Parole au peuple, et seuls habilités également à se faire porte-parole de ce même peuple, ce dernier étant considéré comme indigne de s’adresser directement à Dieu.

Mais dès l’Ancienne Alliance, Dieu regarde tous les humains comme capables et dignes d’intimité directe avec Dieu : «Cependant, dès l’Alliance du Sinaï, le dessein de Dieu est de faire de tout le Peuple « un royaume de prêtres »; en vertu de l’Alliance, en effet, c’est tout le Peuple-Épouse qui est uni à la vie de son Dieu et reçoit donc en dot le sacré. Toutefois, parce que le Peuple est pécheur, d’une part, et parce que, d’autre part, il a besoin de signes vivants de la présence agissante de son Dieu, les prêtres lui sont indispensables. »

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais en lisant ces quelques lignes que je viens de vous partager, j’ai nettement l’impression que le sacerdoce ministériel est vécu au sein de l’Eglise catholique, depuis plusieurs siècles, voire depuis plus d’un millénaire, exactement à la manière de l’Ancienne Alliance… Et je me demande vraiment en quoi le sacrifice de Jésus a changé quelque chose pour les catholiques, dans leur vision et leur pratique du sacerdoce d’avant Jésus finalement ?

Rappelons que le sacrifice du Christ ne s’est pas accompli sur un autel de pierre, consacré et donc habilité au sacrifice, mais que Jésus a fini sa vie terrestre sur un simple instrument de torture en bois brut. Tout comme il ne l’a pas débuté dans un palais épiscopal, tout vêtu d’or et d’argent, mais couché sur la paille d’une mangeoire. On est bien loin des représentations actuelles de l’Eglise catholique romaine…

Ce sont les hommes qui, en institutionnalisant au fil du temps la mission des premiers témoins, et croyant agir pour le bien, créent de nouvelles tribus de lévites, de scribes, de pharisiens et de docteurs de la Loi. Tout en servant aussi des intérêts personnels ou politiques, ne nous voilons pas la face ! Au fil du temps, l’Eglise a opté de faire mémoire du sacrifice du Christ à la manière de l’Ancienne Alliance, sur des autels de pierre bâtis à distance du peuple, peu conformes à la conviviale table du repas, au cours duquel Jésus a institué la cène, et évoquant encore moins le rustre bois de la croix dont Jésus s’est lui-même chargé, et qui symbolise je crois, l’autel de chair qu’est notre humanité.

Comment se fait-il que les actes visibles et liturgiques de l’Eglise se soient à ce point éloignés du visuel de l’Evangile ? Sachant que les actes en disent beaucoup plus long que les paroles…

Pourtant l’Eglise les dit et les écrit ces paroles sur le sacerdoce de la Nouvelle Alliance, toujours dans le même site sur la liturgie cité plus haut :

« Grâce à lui (Jésus-Christ), qui est la Parole même de Dieu et qui, par son sacrifice, assure la perfection de la Rédemption, les baptisés peuvent « s’avancer vers Dieu » et « avoir accès au sanctuaire » : le privilège des prêtres, qui est de s’approcher de Dieu, est donc devenu le leur. Le sacerdoce des fidèles est leur capacité d’approcher Dieu et d’entrer dans sa vie, grâce à leur union au Christ dont ils sont l’Épouse et le Corps.

Configurés au Christ par les caractères de baptême et de confirmation, ils exercent, principalement dans la liturgie, la vie divine qui est en eux, dans l’attente de la consom­mation de l’Alliance en la Jérusalem céleste. »

La sacralisation quasi idolâtre des hommes prêtres dans l’Eglise catholique reste un mystère d’incohérence à mes yeux, et je n’ose y voir un manque de foi à la nouveauté qu’est venu apporter le Christ sur cette terre, pour nous délivrer de l’esclavage de la mort, de nos vieilles habitudes stériles et mortifères, et de tout ce qui nous sépare de Dieu (c’est le sens du mot péché).

C’est sur la dernière phrase de la citation que j’ai envie de revenir, car là se trouve, à mon sens, la base de toute cette incohérence entre les paroles et les actes :

« ils exercent, principalement dans la liturgie, la vie divine qui est en eux, dans l’attente de la consom­mation de l’Alliance en la Jérusalem céleste. »

Première remarque : « ils » regroupe tous les fidèles du peuple de Dieu, dont il me semble que tous les prêtres ordonnés font partie, en tant qu’hommes et que baptisés. C’est Jésus unique prêtre de la Nouvelle Alliance qui officie au travers des mains du prêtre, c’est Lui qui choisit par amour d’investir le pain et le vin ou de pardonner les péchés en réponse à l’attente de toute l’Humanité.

Ce n’est pas le prêtre qui possède le pouvoir de rendre Jésus présent dans les sacrements, c’est notre prière commune à tous. « Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. » Mt 18, 19

Le prêtre seul n’est rien d’autre qu’un homme comme tous les autres. Et quand il célèbre la messe seul, il le fait au nom de l’humanité tout entière. Il dit : « Le Seigneur soit avec vous (et non avec moi), élevons notre coeur (il s’inclue dans l’élévation du coeur de l’assemblée universelle, même lorsque celle-ci n’est pas devant ses yeux et qu’il est finalement le seul à la représenter).

Le ministre ordonné présidant à l’autel agit en tant que délégué de toute l’Humanité Corps du Christ qui s’unit à l’Hostie consacrée. Cette dernière représentant réellement à nos yeux de chair, le Corps du Christ mort sur la croix et ressuscité le troisième jour. Et le prêtre qui consacre les espèces ne crée rien de nouveau, car l’Eucharistie est d’abord une action de grâce, un merci à l’Amour miséricordieux du Père,  qui rappelle et rend présent à notre humanité la mort de Jésus sur la croix et sa résurrection. Et il me semble important de rappeler que nous communions à un Corps ressuscité et vivant, et non à une chair morte… J’ai d’ailleurs beaucoup de joie à recevoir la communion du prêtre âgé de ma paroisse qui élève l’hostie devant mes yeux en disant : « le Corps du Christ réssuscité ! »

Seconde remarque : « ils exercent, principalement dans la liturgie, la vie divine qui est en eux… »

Il me semble que la vie divine qui est en nous est d’abord à exercer dans la liturgie de nos vies, dans le quotidien de chaque instant, et dans l’amour du prochain. La liturgie sacramentelle n’est là je crois, que pour en être d’abord la source (et la ressource), l’élan missionnaire, ainsi qu’une action de grâce et une célébration commune.

Personnellement c’est ainsi que je comprends cette citation de Mgr Le Gall dans le dictionnaire de Liturgie : « La liturgie, définie par le deuxième concile du Vatican comme « l’exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ », fonction à laquelle « il associe toujours l’Église, son Épouse bien-aimée », est l’acte source et sommet de la vie de l’Église, d’où provient et où va tout son dynamisme de vie divine, dans le Christ et l’Esprit Saint à partir du Père et vers le Père. » Car de mon point de vue, c’est de toute notre vie que nous sommes invités à faire une liturgie, et pas juste lors des temps plus officieux, au sens d’offices et d’officiels !

Par ailleurs, l’Esprit Saint ne fait-il pas sortir les apôtres du cénacle pour les envoyer partout dans le monde ? Vu la manière dont souvent nous sortons de nos églises après les célébrations, comme des voleurs ou en trainant des pieds ; vu la manière dont nous nous cramponnons à leurs murs ou à leurs traditions, je me demande s’y nous y accueillons vraiment l’Esprit Saint, Lui qui est force venue d’en haut et qui pousse toujours vers l’inconnu et vers le large. Ce même Esprit qui en principe intervient dans la consécration des espèces…

Dernière remarque : « dans l’attente de la consom­mation de l’Alliance en la Jérusalem céleste. » 

Ces mots m’interpellent profondément dans ma foi au Christ mort et surtout ressuscité : Jésus n’a-t-il pas déjà consommé totalement l’Alliance Nouvelle sur la croix en s’écriant dans un dernier souffle «Tout est accompli » ? Et n’a-t-il pas apporté la preuve de cet accomplissement en ressuscitant une fois pour toute au matin de Pâques ? J’ai parfois l’impression que l’Eglise et en particulier l’institution, vit comme si Jésus n’était pas présent et vivant au milieu de nous, et qu’il faille pleurer et se lamenter, sermonner et juger le monde en attendant son retour en gloire … Mais s’Il doit revenir comme il est parti, ne sera-t-il pas précédé par une nuée qui empêche de le reconnaître, et qui peut nous aveugler comme les disciples d’Emmaüs l’ont été ? Jésus toute sa vie publique n’a cessé d’annoncer et de répéter cette bonne nouvelle : Le Royaume de Dieu est déjà présent au milieu de nous ! Alors pourquoi écrire « dans l’attente de la consommation de l’Alliance dans la Jérusalem céleste »? Cette phrase me laisse totalement perplexe…

Prêtre… Comment ?

Je viens de relire la fin des quatre évangiles et j’y ai lu ce qui suit.

La mission que Christ donne à ses disciples au moment de son Ascension vers le Père est d’abord celle-ci :

  • nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimé, nous servir les uns et autres, à genoux, et aimer Dieu de tout notre coeur. Puisqu’Il nous invite à faire des disciples et à les baptiser, en leur apprenant à observer ce qu’Il nous a commandé  Matthieu 28, 16-20. Comment transmettre ce qu’on ne vit pas soi-même ? C’est impossible, le message oral ne suffit pas !
  • proclamer l’Evangile dans le monde entier, à toute la création. Sachant qu’on l’on reconnaîtra les véritables croyants à ces signes : expulsion des démons, langage nouveau et guérison des malades par l’imposition des mains Marc 16, 14-20. Si l’on reconnait l’arbre à ses fruits, quelle sorte de croyants sommes-nous donc devenus dans cette église catholique qui semble se mourir et porter en son sein des fruits immangeables et pourris ?…
  • prêcher une conversion en son Nom, pour le pardon des péchés (et non à cause de la punition de l’enfer comme dans l’Ancienne Alliance). Luc 24, 44-53

Tout ceci ne pouvant se réaliser seul, mais rendu possible par la force de l’Esprit donné aux disciples le jour de Pentecôte.

  • Concernant les pasteurs dont les évêques d’abord, puis les prêtres, sont les descendants, Jésus institue Pierre juste avant son Ascension, et absolument pas à la manière des prêtres de l’Ancienne Alliance. Jean 21, 15-19

Il confie à l’apôtre Pierre, celui-là même qui a renié trois fois, sa mission de pasteur de l’Eglise, à travers un simple dialogue où il lui demande juste : Simon, fils de Jean (il pointe donc l’humanité de Pierre mais ne met pas en avant son péché) m’aimes-tu plus que ceux-ci (les disciples, nos amis communs)? M’aimes-tu vraiment ? M’aimes-tu plus que toi-même, jusqu’à donner ta vie pour moi ?

Et parce que Pierre dit oui, il l’institue berger des agneaux et des brebis. Et ce dès le premier oui. Et il ne lui donne aucune directive ou indication quand à la manière de guider et de nourrir le troupeau. Les premiers témoins, qui n’étaient même pas encore dit « chrétiens », n’ont eu pour ordre de mission que l’enseignement de Jésus au cours de sa vie publique et les quelques paroles relatées brièvement à la fin de chaque évangile.

Personne ne sait ce qui se serait passé si Pierre n’avait dit qu’un seul oui sur les trois. Ce qui je pense est le cas de certains de nos prêtres ou évêques, sachant que personnellement je réponds encore difficilement un petit oui timide et dans la foi, à la première question du « m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » et dans mon cas « que celui-ci ? »…

Remarquons au passage que Jésus identifie les membres du troupeau. Il ne s’agit pas de guider un peuple troupeau ou un bataillon de soldats, mais un peuple de brebis et d’agneaux. C’est très différent il me semble.

Prêtre de Jésus-Christ aujourd’hui :

Jésus étant dorénavant l’Unique Grand Prêtre quelle devient la fonction des prêtres ordonnés lorsqu’ils choisissent de s’unir par leur vie et leurs actes à l’Unique Sacerdoce du Christ ?

S’ils restent cantonnés aux fonctions de l’Ancienne Alliance, empêchant le lien de réciprocité direct entre Dieu et le peuple, au travers de chaque individu, en quoi le Christ a aboli l’Ancienne Alliance pour la mener à son total accomplissement, c’est à dire son total épanouissement ? Et si nous devons attendre l’au-delà de la fin du monde pour que l’Alliance s’accomplisse totalement, pourquoi la venue de Jésus sur terre alors ? Pourquoi Sa Mort ? Pourquoi Sa Résurrection si c’est pour que tout continue comme avant ?

L’homme prêtre sur qui reposait la médiation du sacré n’a plus lieu d’être. Christ est venu dire que l’être humain peut avoir accès directement à Dieu et se jeter dans ses bras comme dans ceux d’un père très aimant. Le prêtre est donc d’abord invité à se réjouir et à rendre grâce pour l’action de Dieu dans le coeur de chacun et chacune. Et il me semble que le prêtre ne peut avoir ce regard et cette attitude que s’il vit d’abord lui-même cette miséricorde de Dieu à son égard, en se considérant comme un fils perdu revenu à la vie, et non comme un frère ainé ayant scrupuleusement respecté les règles du domaine de son « patron de père » ! Et nous sommes tous invités à porter les uns sur les autres ce regard de joie et d’action de grâce pour l’oeuvre de Dieu en chacun, soit déjà épanouie, en pousse ou seulement en germe et parfois invisible.

Témoin « de » et « par » La Parole

Le prêtre actuel de l’Eglise catholique devrait être présent à l’Eglise d’abord comme le témoin privilégié d’un Dieu Amour Vivant qui veut le bonheur de tous. Un simple compagnon de route, serviteur de la relation entre Dieu et chacune des brebis, entre chacune des brebis et Dieu. Un coach de vie et un guide spirituel inspirant, se faisant le plus discret et transparent possible, pour laisser transparaître la lumière de Dieu à travers son humanité, et amener le disciple du Christ à l’autonomie, afin qu’il devienne à son tour un témoin.  Christ est notre frère et notre ami, non notre père, alors agir in persona christi, c’est d’après moi, se comporter en frère et en ami, cheminant humblement aux côtés de chacun, sous le regard de l’Unique Père du Dieu Trinité.

C’est selon moi la mission de tout baptisé : nous coacher les uns les autres, et représenter le Christ sur terre pour tous ceux qui n’ont pas la capacité de le rencontrer par eux-mêmes, dans Sa Parole, et qui ne peuvent s’en nourrir. St Augustin nous invite même à aller plus loin que la simple représentation (qui peut n’être qu’un rôle, comme au théâtre !) : « Nous n’avons pas seulement été faits chrétiens, mais Christ… »

Alors le ministère particulier du prêtre c’est de remplir la mission de chaque baptisé comme un travail à temps plein, au lieu de faire juste un temps partiel ! C’est d’aider chacun (et lui-même d’abord) à devenir Christ, c’est à dire Parole incarnée dans la chair, pour tous. Car la Parole du Seigneur est nourriture véritable et elle fait nos délices. Nulle nécessité ou obligation de la médiation d’un prêtre pour cela, ni même du sacrement de baptême ou de confirmation. Un simple croyant au Christ, converti à l’intérieur de lui-même, c’est à dire un « chrétien », suffit pour représenter le Christ sur terre et agir en Son Nom.

Parfois c’est juste au travers d’une simple Bible ou d’un seul verset que Dieu parle et agit, sans autre médiation humaine. Quand ce n’est pas l’Esprit Saint en personne qui agit, au travers d’un minuscule événement, d’une personne ou d’un cœur.

La méditation, la prière silencieuse mais néanmoins active, la rumination personnelle de la Parole de Dieu (et la liste n’est pas exhaustive) sont des voies privilégiées à mes yeux, bien plus que la communion physique aux espèces consacrées. Et je vous invite fortement à ces pratiques afin de vous nourrir au quotidien. La lecture d’autres témoins qui ont aussi médités cette Parole avant nous, peut également grandement nous aider. À nous d’aller chercher et découvrir cette parole et cette vie de ceux qui nous ont précédés. Ne laissons pas d’autres décider à notre place ce qu’il est bon que nous entendions, sachions et vivions. Soyons des acteurs vivants et passionnés, entreprenants, et non des spectateurs passifs sur qui La Parole glisse sans pénétrer et sans rien faire germer.

Médecin des âmes et des corps :

Autre mission essentielle du prêtre selon moi, l’administration des sacrements, celui de l’Eucharistie et du Pardon.

Là aussi quelle incompréhension pour le médecin que je suis. Je ressens toujours cette impression que l’Eglise catholique réserve les deux plus puissants médicaments au monde à ceux qui ont déjà la capacité de guérir par eux-mêmes, en devenant justes par leurs actes de foi et de vertu. Tandis que dans le même temps, elle interdit ces mêmes remèdes à ceux qui me semblent en avoir le plus besoin….

C’est comme si je disais à mes patients : « je vous prescrirai les médicaments qui soulageront votre envie de boire quand vous serez capables d’être abstinents par vous-même. Et surtout ne rechutez pas car sinon j’arrête de vous prescrire le traitement ! » Ne trouveriez-vous pas cela absurde ? Surtout que les rechutes sont la règle en addictologie. Elles sont les étapes et les apprentissages nécessaires et indispensables dans le processus d’une guérison durable ! Si seulement nous le comprenions tous et toutes…

Surtout que Jésus le dit et le redit : les biens-portants n’ont pas besoin du médecin ! Il vient d’abord pour les malades, les pécheurs, les pauvres, ceux qui sans Lui ne sont capables de rien, et croulent sous le fardeau bien trop lourd des exigences de la loi.

C’est Jésus lui-même qui est venu nous révéler l’autre nom du Père, qui est « Miséricorde » et « Pardon ». Et s’il nous propose de les recevoir pour nous-même et d’en vivre, il nous invite aussi à faire miséricorde et à pardonner à nos frères et sœurs en humanité. A ne pas leur jeter la pierre, car en plus nous ne pouvons juger de ce qui habite réellement leur coeur, ce d’autant que nous avons tous une poutre dans l’oeil, ne l’oublions pas non plus celle-là !!!

Alors comment l’Eglise catholique en est-elle arrivée là ? Limiter Dieu dans du pain et du vin consacrés, pour l’enfermer à double tour dans un tabernacle, lui-même à l’abri des regards dans des bâtiments de pierre, certes magnifiques et élevés à la gloire de Dieu mais souvent si peu ressemblants à la simplicité de la mangeoire de Bethlehem ou au dénuement de la colline du Golgotha. De plus, si nos églises flamboyantes chantent la Jérusalem céleste, pourquoi y vivre alors comme en exil, alors que Christ et le Royaume sont là, vivants au mieux de nous !

Pourquoi réserver la saine et revigorante nourriture de l’Eucharistie à des personnes déjà quasiment guéries ? Pourquoi donner la consolation d’un amour qui pardonne et absout uniquement à des hommes ou des femmes convertis en apparence, au moyens d’actes et de comportements extérieurs, qui ne préjugent en rien de ce qu’ils vivent à l’intérieur ni de ce qu’ils font dans le secret, et que pourtant Dieu voit et connaît.

Quid de ceux qui ne sont pas en bonne santé, terrassés au bord du chemin, et n’ont plus d’élan de vie ? Quid de ceux qui portent des fardeaux non choisis et sont pour grande partie tributaires de leurs inconscients non éclairés ?

Comment toute une partie de l’Eglise, à laquelle chacun d’entre nous participe d’ailleurs, peut-elle à ce point réduire Dieu au prisme de sa propre justice, dans un faire à accomplir pour devenir légitimes, parfaits et sauvés, et avoir droit aux médicaments des sacrements ou du simple pardon humain. N’en perdent-ils pas tout leur sens et toute leur efficacité si on les utilise ainsi, quand ils n’ont presque plus lieu d’être ?

Pourtant le Christ vient nous annoncer la bonne nouvelle d’un amour qui nous regarde comme des êtres à aimer, et non comme un faire à juger ou à condamner, et ce quels que soient nos agissements. Des êtres dignes de guérison, sauvés uniquement par la foi et surtout par la Miséricorde ! Car notre foi bien humaine est capable de reniements, d’erreurs et de (re)chutes. Mais Jésus ne nous dit-il pas qu’une foi pas plus grosse qu’un grain de moutarde peut déplacer des montagnes ?!

Qui mieux que Jésus peut comprendre les difficultés, les doutes, les peurs, les galères, les imperfections, les chutes et les rechutes. Lui qui est la perfection faite chair a tout connu de nos souffrances, excepté ce qui sépare de Dieu (et qu’on nomme le péché)… et c’est ainsi qu’il a traversé la mort, celle de notre humanité pécheresse, rendant tous les êtres humains capables de ne plus jamais être séparés de Dieu et de vivre éternellement, d’une vie éternelle qui commence dès ici-bas.

le prêtre : parabole d’un mystère plus grand

Vous pouvez trouver étrange qu’une femme qui se targue de ressentir un appel au sacerdoce ministériel écrive de telles choses et semble dénigrer ainsi les sacrements, les rabaissant à un rang humain et non divin. Ça semble bien Protestant tout ça !!!

Et alors, ne croyons-nous pas que les protestants sont nos frères et nos sœurs dans la foi, qu’ils peuvent nous apprendre et nous donner eux aussi le Christ ?!

Tout sacrement reste un signe visible, donné aux hommes en cadeau. Comme moyen et non comme obligation ou unique chemin, permettant d’accéder à un mystère plus grand et d’en vivre, dès ici-bas.

Personnellement je crois profondément à la Présence Réelle de Jésus dans l’Eucharistie et dans le Sacrement de Réconciliation ; à leur action vivifiante et transformante. Le sacrement faisant ce qu’il exprime tout en disant ce qui s’accomplit, d’abord dans l’invisible, mais jamais sans notre désir actif d’adhérer à ce mystère.

Jésus parlait beaucoup en paraboles pour expliquer des choses que nous ne pouvons pas comprendre. L’institution de la Cène me paraît un exemple type de la parabole d’un mystère infiniment plus grand que ce que nos sens en perçoivent.

Le véritable Corps du Christ ce n’est pas seulement du pain et du vin consacrés, c’est aussi l’Eglise Universelle, c’est à dire l’ensemble de l’Humanité. Et il me semble que Jésus nous invite métaphoriquement au travers du sacrement de l’Eucharistie à manger et boire notre propre Humanité, dans laquelle Il s’est incarné, afin de nous nourrir de cette humanité habitée par Dieu, de la digérer et qu’elle en soit transformée, faisant de nous des êtres nouveaux. À l’image du prophète de l’Apocalypse qui mange La Parole de Dieu (hors Jésus-Christ est La Parole de Dieu, le Verbe incarné). Il n’est pas forcément nécessaire à mes yeux de communier aux espèces consacrées pour pouvoir vivre cela. C’est l’Esprit Saint qui féconde toutes ces choses. Et il agit à sa guise !!!

Et cette amertume de la parole ingérée qui nous remplit les entrailles, toujours à l’image du prophète de l’Apocalypse, ressemble à la croix que chacun porte en soi et qui, si il y meurt au vieux moi de ses vieilles habitudes, renaît à une vie nouvelle dès ici-bas. Vie qui est prémices ou bourgeon de la Vie Éternelle du Royaume, et même déjà fleur épanouie chez ceux que l’Eglise reconnaît en odeur de sainteté.

Comment imaginer que Jésus nous annonce avoir déjà sauvé l’Humanité tout entière, une fois pour toute, par son sacrifice rédempteur sur la croix, et qu’il faille malgré tout que les 7 milliards d’individus de la planète accèdent chacun physiquement à la communion des espèces et à l’absolution de leurs péchés par un prêtre pour être sauvés… Il me semble que c’est la foi que je mets en communiant qui fait de moi une vivante, et non le seul acte de manger le pain et le vin consacrés. Et si ces derniers sont chair et sang du Christ à mes yeux, je suis tout aussi profondément convaincue que l’on communie à Sa chair et à Son sang de bien d’autres manières. Ou alors je n’ai rien compris, ni à l’enseignement de l’Eglise, ni à celui de l’Evangile. Sinon n’est-ce pas de la magie ? N’est-ce pas faire du sacrement de l’Eucharistie une idole ?

L’autre risque c’est de vivre égoïstement une relation dans l’entre-soi avec Dieu, comme nous le répète souvent le Pape François, en excluant nous-mêmes du Salut tous ceux que Jésus a racheté en donnant Sa Vie par amour sur la Croix. Parce que nous voulons bien partager, mais… sous conditions ! Alors que Jésus, Lui,  a donné Sa Vie sans conditions et sans aucune réserve, pour tous et toutes.

Voilà, ce ne sont que des réflexions de ma recherche du mystère qu’est Dieu. Un Dieu qui à travers le Christ et l’Eglise universelle se donne aux hommes pour les accueillir en Lui. Et tout ce qui enferme Dieu dans des limites physiques humaines me parait le réduire. Alors c’est pourquoi je me pose la question du prêtre et de ses limites. Parce que Dieu est un mystère Infini…

Elisabeth Cécile

Ps. Cela va peut-être vous faire sourire : je venais d’écrire sur la page d’une amie le dernier commentaire, celui concernant la parabole de l’Eucharistie et l’histoire du prophète qui mange le livre. Puis j’ai quitté Facebook pour aller prier les textes du jour. Un verset illustrait l’Evangile : « Il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète » (Mt 13, 31-35)

On n’est pas obligé de croire que c’est un clin d’œil de l’Esprit, mais moi je le reçois ainsi 😘

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Marie, femme sacerdotale et liturgique

Marie est prêtre à mes yeux, selon l’ancienne et la nouvelle alliance :

Plus que tout autre homme (ou femme), Marie incarne la médiation entre Dieu et les hommes ainsi que celle entre les hommes et Dieu. Ce qui est la définition et le ministère du prêtre selon l’ancienne alliance.

Au travers du Fiat de Marie, Dieu offre au monde un rédempteur. Par son statut de Fille de Dieu, de Servante du Seigneur et d’Epouse de l’Esprit, Marie offre aux hommes, Dieu Lui-même, qui se fait désormais l’Unique Victime, une fois pour toute, rendant inutile tout autre sacrifice. Elle est en tant que femme, médiatrice entre Dieu et l’Humanité. Tout comme Jésus se fait, en tant qu’homme au masculin, médiateur entre Dieu et l’Humanité.

Dans son statut de Fille de l’Homme et dans son humanité de femme, en s’unissant au sacrifice de Jésus homme au masculin sur la croix, elle offre à Dieu avec l’humanité toute entière, l’Agneau sans tâche, immolé pour le salut du monde. Lui qui est également le fils de sa propre chair immaculée. Ce qui fait qu’elle aussi, comme Jésus et comme le prêtre qui agit en la personne et par l’autorité de Jésus lorsqu’il consacre, peut dire : « Prenez et mangez en tous, ceci est mon corps livré pour vous »

« Prenez et buvez en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l´Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés.»

Qui mieux que tout autre sur cette terre, à part Jésus lui-même, peut prononcer ces paroles de la consécration eucharistique que Marie ?  Par son Immaculée Conception, et en portant Jésus dans ses entrailles, elle fait corps avec lui et ils sont tous les deux une même chair. Elle est en intimité directe avec Dieu par Jésus, avec Jésus, en Jésus, et donc : par Lui, avec Lui, et en Lui !

Elle s’unit au sacrifice d’amour que Jésus offre au Père en étant victime avec Lui au pied de la Croix, son cœur douloureux et immaculé totalement uni à celui doux et humble de son fils. C’est de leurs deux cœurs transpercés que naît l’Eglise, qui sera baptisée dans le feu le jour de la Pentecôte. Et Jésus au moment de mourir la donne pour mère en tant que Femme à Jean, le disciple qu’Il aimait et qui nous représente tous, membres de l’Eglise Corps du Christ.

A travers ces deux âmes de Marie et de Jésus, qui s’effacent humblement l’une devant l’autre par leur pauvreté et leur humilité, Dieu s’abaisse pour entrer directement en intimité avec son peuple. Il n’y a plus besoin de l’intermédiaire du prêtre de l’ancienne alliance. Et si Jésus est l’Unique Grand-Prêtre au masculin, il semble à mes yeux de femme, que Marie au pied de la croix est l’Unique Grand-Prêtre au féminin. Jésus Nouvel Adam, Marie Nouvelle Eve, un homme et une femme unis de manière nouvelle pour sceller une Nouvelle Alliance qui rachète le péché originel, c’est à dire ce qui a séparé l’être humain de Dieu au fil de son évolution et qui a été mis en parabole dans le récit de la Genèse. L’image de Dieu sur terre, tel que décrit dans la Genèse, et qui exprime le mieux Son Amour et Sa Miséricorde, c’est l’union indissoluble du masculin et du féminin.

Marie et Jésus sont indissociables et unis pour l’éternité, tant par la chair que par l’esprit : il est le fruit de ses entrailles, conçu de l’Esprit Saint et elle est la comblée de grâce qui écoute la parole de Dieu et la met en pratique. Leur nourriture, c’est de faire la Volonté du Père qui les a « envoyés » sur terre.

Et si elle a laissé toute la place à Jésus lors de son ministère sur terre, s’effaçant devant Lui en disant « faites tout ce qu’Il vous dira », aujourd’hui, c’est elle qui prend la place du Christ et c’est elle qui est missionnée par Dieu Père pour annoncer La Parole qu’est le Christ, pour nous le donner en nourriture, pour prêcher la conversion et le pardon des péchés, pour réconcilier le monde avec Dieu et accomplir des miracles. N’est-ce pas le sens de toutes ces apparitions mariales un peu partout dans le monde ? De même que toutes ces représentations mariales issues de la piété populaire ? Comment les comprendre sinon ?

S’il y a bien une femme qui depuis plus de deux milles ans vit et accomplit pleinement avec grâce le sacerdoce ministériel de Jésus, c’est bien Marie, tout à la fois Fille de l’Homme et Fille de Dieu, Servante et Épouse de l’Eglise, tout comme le Christ est Serviteur et Époux de l’Eglise.

Je n’ai pas d’autre modèle que Marie dans mon intention de vivre et d’accomplir au féminin l’Unique Sacerdoce du Christ, ni d’autre modèle que Jésus dans mon intention de le vivre et de l’accomplir au masculin.

Tout comme il me semble le font déjà tous les prêtres ordonnés de l’Eglise catholique, dont aucun je crois (ou alors vraiment très peu) n’accomplit son ministère sans cette union du coeur à Marie, certes Vierge et Mère, mais avant tout Femme.

Une femme bénie entre toutes les femmes, notre sœur en humanité à tous et toutes, tout comme Christ est notre frère en humanité à tous et toutes. Un Dieu qui se fait chair et s’incarne en l’Homme, homme et femme. Dieu fit l’Homme à son image, homme et femme il le fit…

Amen

Elisabeth Cécile 

Post-sriptum : regardez et contemplez Marie à Pontmain et à La Salette. Comment ne pas la voir en habit liturgique, à l’image du prêtre lorsqu’il célèbre ou administre les sacrements ? … Je ne suis plus capable de la voir autrement. C’est une évidence pour tout mon être.

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