Méditation Poésie Réflexion, Religion catholique

Marcher pour la Vie ?

« Les droits de l’homme commencent dès l’origine » nous dit la banderole, et ce défilé de pancartes et slogans m’invite à me poser ces questions : La vie est-elle un droit à prendre et à défendre ? La vie n’est-elle pas d’abord un cadeau immérité à recevoir et à donner, un don mystérieux et insaisissable, indéfinissable ?

Besoin de réagir à cette « marche pour la vie » que certains effectuent chaque année. Avec un tel titre, difficile de ne pas cautionner et de ne pas aller défiler, et pourtant il y a comme un mensonge et une trahison, puisque les participants manifestent « pour » en étant d’abord « contre » : contre l’avortement, contre l’euthanasie, contre la PMA, contre la liberté des uns au nom du droit des autres (ce qui si l’on regarde bien est une équation insoluble du point de vue de la raison).

Au final ce n’est pas une marche « pour la vie », mais une marche pour les « extrêmes de la vie », afin de défendre une certaine vision de la vie humaine, « de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ».

Et c’est là que, personnellement, je trouve dommageable cette marche « pour la vie », car si l’on manifeste pour « l’extrême de la vie », on ne peut qu’attiser en retour « l’extrême de la mort »…

C’est mathématique et physique, les contraires s’attirent en vue de s’équilibrer, en une escalade symétrique.

Face à une frontière rigide, un mur sans porte que l’on érige pour interdire tout passage, et ce quelle que soit la situation, comment ne pas avoir envie de tout faire exploser pour contrer l’injustice de cette privation de liberté et de cette violente rigidité ?

Si l’on met un mur devant mes yeux, comment ne pas avoir envie de le franchir pour aller voir ce qui ce cache derrière, ce que l’on souhaite me cacher, ou ce contre quoi on prétend me protéger ?

C’est cela que je trouve triste et non ajusté… il y a une telle rigidité et imperméabilité dans la prise de position de ces défenseurs de la vie, que cela favorise l’extrême inverse et le développement d’arguments excessifs « pour l’avortement » et « pour l’euthanasie », nous faisant parfois aboutir à « tout est permis » en vu de contrer un « tout est interdit » ; ceci au nom de droits et de libertés, réelles et légitimes d’ailleurs, tant d’un côté que de l’autre ; et même voulus par Dieu lui-même puisque qu’Il nous crée libre de faire nos expériences, bonnes ou mauvaises, sans jamais nous retirer son Amour.

Alors comment comprendre que des hommes et des femmes, se revendiquant de Dieu lui-même, s’octroient le droit de décider où commence et où finit la vie, où commence le bien et où finit le mal, et ce de manière rigide, arbitraire et dictatoriale ?

N’est-ce pas se mettre au-dessus de Dieu et être plus royaliste que le roi ?

Et au lieu de réfléchir et de se demander comment honorer la vie dans son ensemble, et déterminer quelle est l’attitude la plus juste (ou la moins mauvaise) dans telle ou telle situation, on se retrouve obnubilé par le mur que d’autres ont érigé à notre place et qui vient titiller notre ego plutôt qu’éclairer notre conscience et notre âme.

Dieu créateur ne nous laisse-t-il pas libre de nos choix, de nos actes, et ce sans nous condamner, tout en restant à nos côtés lorsque nous sommes confrontés aux inévitables conséquences de ces mêmes actes ?

Cette vie et ces droits que nous défendons becs et ongles, avons nous conscience qu’ils ne sont qu’éphémères, qu’un passage relativement bref sur cette terre ?

Je trouve toujours surprenant que des chrétiens qui normalement croient à la résurrection des morts et à la vie éternelle, à un royaume qui n’est pas de ce monde, s’obstinent et s’acharnent à défendre une conception de la vie humaine, comme si cette vie se réduisait à nos corps mortels et à ce que nous en voyons ou percevons.

La Vie et l’Amour, c’est tellement plus qu’un embryon ou qu’un corps au bout du rouleau, même si, je le crois moi aussi, cette Vie et cet Amour créateur les traversent aussi.

Mais faut-il pour autant, au nom de cette Vie et cet Amour, en venir à haïr nos ennemis, à ne plus reconnaître en l’autre différent un frère et un ami, un tout proche en essence divine et en humanité ?

C’est cela qui me rend triste dans cette marche qui se dit « pour la vie » : la fracture qu’elle érige entre nous, nous invitant à la combler d’un mur d’incompréhension, de haine et de violence, au nom même de l’Amour et de la Vie.

Si nous allons tous au bout de nos droits et de nos libertés, au bouts des droits et des libertés de ceux des autres, en revendiquant de les appliquer et qu’ils soient respectés, nous ne pouvons au final que tous nous entretuer.

L’Amour c’est aussi accepter de ne pas revendiquer ses droits légitimes, accepter d’exercer sa liberté autrement, en accueillant l’autre tel qu’il est, même quand cela va à l’encontre de mes valeurs, et même de « La Vérité », tout comme Jésus-Christ l’a fait en acceptant de mourir sur une croix, bafoué et humilié, en prononçant ces mots : « Père, pardonne-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Aller jusqu’à l’extrême de l’Amour, qui ne l’oublions pas suscite aussi en retour, non pas la haine qui n’est que de l’amour en colère, mais l’extrême indifférence, souvent bien difficile à accueillir pour notre petit moi en mal de reconnaissance …

La VIE à laquelle Dieu nous invite et dont Il veut nous combler, la Paix et l’Amour qu’il nous invite à recevoir et à donner, à construire et à partager, me semble assez éloignée de ces petits combats « pour » ou « contre » que nous menons les uns et les autres, les uns à la place des autres, les uns contre les autres…

Jésus dit: « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35).

Merci de m’avoir lue

Elisabeth Cécile

Crédit photo de l’article :

GEOFFROY VAN DER HASSELT VIA GETTY IMAGES

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Méditation Poésie Réflexion, Religion catholique

TOUS SAINTS ?!

J’ai toujours eu du mal avec cette fête, beaucoup de mal à la voir comme une fête en réalité. Et elle m’a toujours paru comme une joie forcée.

Quand j’étais plus jeune, je pestais contre les catholiques de circonstances qui me semblaient gâcher la fête en venant pleurer leurs morts alors que nous étions censé fêter la joie du ciel (et ne pleurer que le lendemain !)

En cela j’imitais nombres de mes frères et sœurs dans la foi, même si je leur reprochais aussi leur manque de compassion envers toutes ces familles en deuil.

Mais cela c’était avant, avant que je comprenne qu’il est normal et sain d’être triste et de souffrir de la séparation d’avec ceux qui nous ont précédés, que ces temps de passages, de larmes et de souvenirs sont indispensables, Lire la suite

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Développement personnel, Méditation Poésie Réflexion, Religion catholique

Le Christ : Tête ou Coeur ? ou comment restaurer notre visage de l’intérieur ❤️😍

Je ne peux m’empêcher de croire que si l’apôtre Paul avait été une femme, dans son analogie de l’Eglise et du corps humain, il aurait parlé du Christ Coeur et non du Christ Tête ! Car si le cerveau est indispensable à la bonne marche du corps, sans la pompe du coeur qui ne cesse jamais de battre tant qu’on est vivant, le corps et en particulier les organes vitaux, ne sont plus irrigués ni vivifiés.

D’ailleurs c’est du Coeur Transpercé du Christ que jaillissent le sang et l’eau et que naît l’Eglise, et c’est dans Son Coeur que le Sacerdoce de tout prêtre prend sa source. Lire la suite

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Division, multiplication, différenciation

« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Lc 12, 49-53)

Je ne sais si vous avez lu l’évangile d’hier, jeudi 25 octobre, mais pour la première fois de ma vie j’ai reçu cet évangile avec une grande paix intérieure, et ce dès la première lecture du texte, ayant sous les yeux et dans le coeur, l’image de la division cellulaire, indispensable à toute construction, toute croissance et toute vie, qu’elle soit humaine, animale ou végétale.

Tout ce qui vit sur terre est appelé à se diviser, à se multiplier et à se différencier Lire la suite

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Je n’ai plus foi en l’Eglise catholique …

Ma vie de « catholique » n’est plus… RIP à ma vie au sein de cette Église, qui de toute manière rejette qui je suis et me refuse une place à la hauteur de ma dignité de fille de Dieu et de baptisée.

Je n’ai plus aucune confiance ni foi en cette Église romaine que l’on nomme une, sainte, catholique et apostolique, et je ne peux plus réciter ni professer le Credo 😢

Plus aucune foi ni espérance que ce monde fermé sur lui-même, gouverné depuis toujours par des hommes et depuis un millénaire par des célibataires, puisse changer. Lire la suite

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HONTE À L’ASSEMBLÉE DES ÉVÊQUES DE FRANCE

J’ai honte de l’attitude des évêques de France, incapables d’entendre les personnes victimes d’abus sexuels en assemblée plénière alors que c’est leur principale demande et surtout un signe fort de reconnaissance pour elles des préjudices qu’elles ont subits.

J’ai honte et je leur en veux de s’octroyer de telles décisions au nom de l’Eglise. C’est encore un abus de pouvoir de mon point de vue. Quelle tristesse et quel gâchis …

Comment les cœurs et les intelligences de ces hommes qui se prétendent nos pasteurs et successeurs des premiers apôtres sur terre peuvent être à ce point fermés ??? C’est une incompréhension totale pour moi…

Qui croient-ils représenter ? Le Christ ? L’Eglise Peuple de Dieu ? Ils ne représentent plus rien qu’eux-mêmes à mes yeux, eux-mêmes dans toute leur humanité pécheresse… et sûrement blessée, mais j’ai du mal à leur pardonner cette offense publique à toutes les victimes d’abus sexuels ainsi qu’à tous ceux qui souhaitent que l’institution ecclésiale se remette en cause sur ces questions 😢

HONTE À CEUX QUI GOUVERNENT L’ASSEMBLÉE DES ÉVÊQUES DE FRANCE, HONTE À CEUX QUI CAUTIONNENT UN TEL SYSTÈME 😡😢

Désolée d’être jugeante et négative, mais là, je ne suis pas capable de faire autrement…

En admettant que leur hypothèse soit vraie et que la formule des évêques de France soit la meilleure, cela n’aurait-il pas été un acte de charité et de respect envers les personnes victimes que de les recevoir AUSSI en assemblée plénière ? Est-ce un si grand effort pour nos évêques de capituler devant la demande expresse de personnes blessées en partie par les manquements d’autres évêques à les protéger lorsqu’elles étaient enfants ???

Elisabeth Cécile

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Le-president-Parole-liberee-annule-venue-lassemblee-eveques-2018-10-11-1200975335

« La raison de ce désistement : le format que prendra la rencontre. En effet, la conférence épiscopale a choisi de recevoir les victimes en petits groupes, pour des « carrefours » thématiques lors desquels deux victimes devraient échanger avec une vingtaine d’évêques. Un choix incompréhensible pour François Devaux, qui aurait voulu – comme d’autres victimes – intervenir devant tous les évêques en Assemblée plénière. »

« Notre formule est la meilleure », s’est défendu Vincent Neymon, directeur de la communication de la CEF, interrogé par l’AFP, soulignant que « cette réception n’est pas l’organisation d’une tribune médiatique ». Selon lui, ces rencontres en petits groupes permettront « une rencontre utile aux personnes elles-mêmes et aux évêques, qui doivent pouvoir entendre et parler ensemble avec les victimes des sujets qu’elles ont choisis ».

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Et l’Esprit dans tout ça ?!

L’actualité du Pape François qui demande de prier le rosaire tout le mois d’octobre en finissant le chapelet par une prière à Marie (sub tuum = sous l’abri de ta miséricorde) et une prière à St Michel Archange afin de repousser les attaques du diable, me donne du grain à moudre ces jours-ci (si j’ose dire !) sans parler de son propos comparant les femmes qui se font avorter à des personnes faisant appel à un tueur à gage, comparaison jugeante et culpabilisante de mon point de vue, et pouvant être extrêmement blessante pour des femmes qui n’ont pas toujours d’autre choix. Parce que la théorie ou l’idéal est bien facile, mais la dure réalité du quotidien de nombreuses femmes en est une autre, et nul ne peut dire ce qu’il ferait dans la peau de l’autre, s’il avait son histoire et son mode de pensée.

Mais bon, je m’égare de mon propos…😌 Lire la suite

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