Méditation Poésie Réflexion, Religion catholique

Les lieux de la Parole

Aujourd’hui je suis retournée à la messe après plusieurs mois d’absence… et d’abstinence !

Un désir intérieur qui grandissait depuis quelque temps, ainsi qu’un besoin, spirituel mais aussi physique et psychique, de revenir à un essentiel, une source et un roc, car vivre l’eucharistie, communier au Corps et au Sang du Christ est un moyen de rencontre privilégié, un temps de coeur à coeur avec Dieu rendu plus facile et plus tangible par la grâce de tous les signes célébrés au travers de ce sacrement. Nul doute que cette première fête du « dimanche de la Parole », instituée par le Pape François, a aussi nourri mon désir de me rendre à la messe au petit matin, encore toute ensommeillée, l’esprit et la voix peu clairs ! 😁

La Parole de Dieu tient une grande place dans ma vie, et je m’en nourris quotidiennement, en essayant chaque jour de la laisser résonner en moi lorsque je la lis et je la prie, souvent dans mon lit, au réveil. Je dois dire que je n’ai pas grand mérite et que c’est une grâce qui m’a été donnée il y a quelques années (une bonne dizaine d’années maintenant) de la prière quotidienne, ainsi que le cadeau de recevoir la Parole, quelle que soit sa forme (évangiles, psaumes, ancien testament, homélies) comme une véritable nourriture pour ma vie, un soutien et une présence inestimable.

J’ai fait l’expérience qu’il est possible de rester en relation de proximité avec Dieu sans forcément communier aux espèces ni participer à l’eucharistie dominicale, mais que la continuité et l’intensité de la relation reposait sur ce lien avec la Parole, même si certains jours cette nourriture se limite au simple nom de Jésus (de Marie, de l’Esprit, ou encore de celui du Père) ; parfois juste murmuré dans le silence du coeur, tenant, par moment, plus du gémissement et du balbutiement -voire d’un simple élan-, que d’une énonciation véritable.

D’ailleurs, pour illustrer le mouvement (et le déplacement) que produit en nous la Parole de Dieu, les lectures de ce dimanche ont été proclamées à gauche à l’ambon pour la première lecture, à droite au pupitre de chant pour la seconde, et au centre pour le psaume et l’Evangile. C’était tout simple, mais très « parlant »!

J’ai bien aimé l’homélie, durant laquelle le prêtre nous a évoqué les « modes » de la présence de Jésus-Christ au milieu de nous, nous précisant que nous pouvons les vivre « chez nous » et de manière quotidienne.

1er mode : quand deux ou trois sont réunis « en Son nom », Jésus-Christ est présent au milieu d’eux. Le prêtre a pointé avec justesse que lors des réunions pastorales et des rencontres amicales entre croyants, nous oubliions souvent de faire mémoire de Lui, en début ou en fin de réunion.

Je le rejoins fortement sur ce point, qui est toujours une tristesse pour moi, comme celle d’un ami qu’on oublie. J’ai participé à une réunion à la maison diocésaine de Toulouse cette semaine, pour préparer une soirée de sensibilisation sur la dépendance à l’alcool, et j’ai été surprise que nous ne commencions pas par une courte prière N’étant pas à l’initiative de cette rencontre, je n’ai pas osé pointer ce manque, à tort peut-être.

Évidemment, Dieu est plus grand que notre coeur, et il se fait présent même quand nous oublions de mentionner à voix haute que nous nous rassemblons en Son nom , mais le grand risque est que nous passions à côté de Sa Présence, et de ce qu’Il souhaite nous donner. Que notre œuvre reste à échelle restreinte et produise des fruits médiocres, car non ouverte à la dimension d’un « plus grand et plus vaste que nous ».

2ème mode : Dieu est présent dans la Parole. Là aussi, le prêtre a judicieusement rappelé que de nombreux catholiques sont plus enclins à lire les journaux quotidiens (chez nous c’est La dépêche ou le Petit Journal) et à se nourrir du journal télévisé, que de la lecture des textes proposés jour après jour par la liturgie ! Quel dommage… et surtout quel manquement qui serait facile à réparer, et pourrait porter tant de fruits dans nos vies ! Si je suis capable de consacrer un temps non négligeable aux nouvelles (souvent mauvaises d’ailleurs !), comment ne pourrais-je pas introduire dans mon quotidien un petit temps pour lire une « Bonne Nouvelle », celle de l’Evangile ??? Et comme pour les infos, en choisissant des textes commentés, afin d’éclairer ma lecture et d’aider à la digestion et à l’assimilation de cette nourriture, essentielle à la vie de tout disciple de Jésus-Christ ou de tous ceux et toutes celles qui ont envie de le rencontrer ou de mieux le connaître.

Le prêtre l’a rappelé : comment puis-je annoncer et témoigner de ce que je ne possède pas ? Comment vouloir évangéliser si je ne suis pas nourri d’Evangile, si je ne le vis pas, s’il n’est pas assimilé dans ma vie, ne serait-ce qu’un minimum ? Et là il a fait une comparaison que j’ai trouvé somme toute assez injuste au vu de l’Histoire de l’Eglise : la bible d’un protestant est coincée sous son aisselle et surlignée de partout, tandis que celle d’un catholique prend la poussière sur un meuble (et encore, s’il en possède une!). C’est peut-être vrai (même si c’est caricatural), mais n’oublions pas que pendant des siècles le clergé catholique s’est approprié le monopole de la Parole et que seuls les clercs avaient le droit de la lire, de la commenter et de l’interpréter. Alors ceci explique sûrement cela… on part de très loin, et il est regrettable de penser que l’humain, même bien intentionné, ne peut s’empêcher de s’approprier Dieu, de contrôler et voire même d’empêcher sa propagation et son action jusqu’aux extrémités de la Terre…

3ème mode de la Présence de Jésus-Christ au milieu de nous : l’Eucharistie. Le prêtre n’a pas développé, je ne le ferai pas non plus.

4ème mode : La présence de Jésus-Christ dans le ministre ordonné… Bon là, j’avoue que j’ai pris une profonde inspiration pour faire taire au fond de moi cette petite voix de rébellion qui avait envie de l’ouvrir en grand !!! Cela m’aurait empêché d’apprécier la vérité de ce qu’il exprimait 😁

Je me suis dit que je ne devais pas m’attacher à la forme mais au fond. Et dans le fond c’est une réalité : Jésus-Christ est présent et agit au travers du ministre ordonné, par lui, avec lui et en lui. Tout comme le ministre ordonné est censé agir par Lui, avec Lui et en Lui. Quand le prêtre célèbre les sacrements, ce n’est plus lui qui parle, ni lui qui agit, c’est Dieu qui s’incarne à travers lui. Et c’est tout l’intérêt de vivre les sacrements, quels qu’ils soient, car ils sont un lieu de rencontre particulier avec la Personne réelle et vivante qu’est Jésus-Christ.

Malgré tout, et le prêtre ne l’a malheureusement pas souligné dans son homélie, si « Jésus-Christ est présent dans le ministre ordonné » (Dieu que je n’aime pas cette formulation ! 😬), Il n’efface pas pour autant l’humanité de son ministre, qui peut par moment brouiller Son Image et déformer Sa Parole, voire rendre invisible Sa Présence. Et je crois que je n’ai pas besoin de citer tous les exemples de paroles et comportements des ministres ordonnés qui souvent nous font douter de la réelle présence de Jésus-Christ en eux…

Bien évidemment, je ne développerai pas le fait que c’est une erreur à mes yeux de croire que seul un mâle célibataire a le pouvoir (au sens de capacité, et non d’une puissance ou d’un contrôle quelconque) d’incarner la personne du Christ sur cette terre, et en particulier dans le service des sacrements. Ma conviction profonde est que tout baptisé, homme ou femme, célibataire ou non, peut être appelé à ce ministère sacerdotal, et que Dieu appelle largement qui il veut (tandis que les homme d’Eglise choisissent d’ordonner uniquement des hommes célibataires…) Mais c’est un autre sujet, et je risquerais de m’énerver 🙄😆😆😆)

Quoi qu’il en soit, l’homélie de ce prêtre m’a rejointe et m’a touchée. Pourtant elle m’a laissée un goût d’inachevé, et il m’a semblé qu’il manquait un « mode » essentiel de rencontre avec la Personne du Christ et Sa Présence au milieu de nous. Et, car je crois que Dieu a de l’humour et de la bienveillance, Il nous a été donné un signe clair et très parlant de nous rappeler cet autre mode !

Vers la fin de la communion, un homme s’est approché du choeur, boitant et maugréant entre ses dents, porteur d’un gros sac plastique blanc, sûrement rempli du bazar de sa vie d’égaré (malade ou sans domicile fixe, je n’ai pas réussi à le deviner). C’était ce même homme qui avait fait un peu de remue ménage au début de la consécration, et j’avais observé de nombreuses personnes se retourner avec inquiétude vers le fond de l’Eglise d’où venait le vacarme, qui malgré tout a vite cessé. J’ai appris plus tard qu’il avait déjà perturbé des messes de semaines, obligeant le prêtre à arrêter la célébration pour le mettre dehors.

En tout cas cet homme portait sur lui le désir de communier, cela se voyait dans sa démarche et se lisait sur son visage. Sa détermination et son obstination ont encore été encore plus visibles lorsque le prêtre a refusé de lui remettre l’hostie et qu’il s’est tourné vers l’autre personne qui donnait la communion. Mais là aussi le prêtre est intervenu et a empêché qu’on lui donne la communion.

C’est sur cette image que s’est clôturé le temps de communion : le refus du Pain de Vie à un homme malade, et pourtant, à sa manière, avide de Dieu et de Sa Présence dans l’Eucharistie. Le pauvre hère s’est retrouvé seul en plan dans l’allée centrale, désemparé et désorienté, ne comprenant pas qu’on lui ait refusé de communier. Alors il est reparti comme il était venu, clopin-clopant, avec son gros sac à la main. Il a sûrement rejoint le groupe assis par terre, que j’avais croisé au seuil de l’Eglise en entrant. Mais ils étaient déjà presque tous partis quand je suis sortie à la fin de la messe.

En tout cas, cet événement m’a interpellée et a fait perdre à mes yeux, beaucoup de sa crédibilité l’homélie du prêtre, notamment concernant la présence du Christ dans le ministre ordonné … Comment imaginer une seconde que Jésus ait pu repousser cet homme ? Il me venait à l’esprit l’image des nombreux films sur Jésus de Nazareth, ou l’on voit les pauvres et les boiteux, les malades et les simples d’esprit s’approcher de Jésus, et Lui qui les bénit et les guérit. Ce dont je venais d’être témoin, ressemblait plutôt à un autre passage de l’évangile : « j’étais nu et vous ne m’avez pas vêtu, j’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger »…

Alors je crois que notre cher frère et ami prêtre a oublié un mode essentiel de la présence du Christ au milieu de nous, un lieu privilégié où nous sommes invités à le rencontrer : dans le pauvre ou le petit qui vient quémander et qui nous embarrasse, celui que nous avons trop souvent tendance à repousser et à considérer comme indigne de Dieu, voire indigne de nous…

Jésus-Christ est Parole Vivante, Verbe incarné, et nous sommes invités à nous nourrir de cette Parole, à en vivre. Cette Parole ne se résume pas à un livre, si saint soit-il, cette Parole est inscrite dans notre chair à tous (et à toutes!) et Elle nous rejoint et nous parle au quotidien, faisant appel à l’intelligence, tant celle de notre mental que celle de notre cœur.

Puissions-nous ne jamais oublier qu’en Jésus-Christ, la Parole et le Geste ne font qu’un, et que, comme le dit mon ami Maurice Zundel 😍, nous sommes tous et toutes appelés à devenir Sacrement de la Personne de Jésus-Christ ici-bas, c’est à dire à devenir le signe d’une Présence qui « dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit », dans chaque acte de la vie quotidienne, et ce jusque dans chaque battement de cœur ou souffle de notre vie.

Amen.

Elisabeth Cécile

Photo : afp.com/Joel Saget 2014

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Développement personnel, Méditation Poésie Réflexion

Le réveil de la blessure…

Il est des choses que l’on sait, mais dont on ne prend pas forcément conscience au moment où on les expérimente.

Il y a deux jours, j’ai vécu une expérience libératrice à laquelle je ne m’attendais pas, et que j’ai envie de partager avec vous.

Comme vous le savez, le départ de mon mari et le divorce en cours me sont extrêmement douloureux, et j’en ressens une détresse inconsolable, un fort sentiment d’abandon, d’injustice ; le tout baigné d’un sentiment de culpabilité, largement nourri par tous ceux et toutes celles qui, en vue de me réconforter et de me faire réagir, n’ont de cesse de me répéter que je n’ai pas le droit de me plaindre, que beaucoup de femmes se retrouvent dans des situations plus dramatiques que la mienne en divorçant : sans revenus ou avec un faible revenu, avec des enfants en bas-âge, sans métier, etc.

Alors il faut quand même que j’arrête de faire ma victime !!! 🙄

Pourtant, même si intellectuellement je conçois tout cela, quelque chose en moi se révolte et ne peut supporter d’entendre de tels arguments, je les trouve inacceptables et j’en souffre profondément.

Je me sens jugée et empêchée de faire le deuil d’un mari avec qui j’ai passé tant d’années, que j’ai aimé, et surtout qui m’aimait, qui prenait soin de moi, me manifestait de la tendresse et s’occupait de tout un tas de choses matérielles, et qui du jour au lendemain décrète qu’il ne m’aime plus et s’en va.

Évidemment tout n’était pas rose entre nous, et il n’était pas l’homme parfait -ni moi la femme parfaite- mais je l’aimais, et j’avais fait le choix (que je refaisais régulièrement) de continuer l’aventure avec lui, malgré l’adversité, car j’espérais en un avenir meilleur. Et de mon côté, je trouvais plus de positif que de négatif à notre histoire, passée et présente.

Pourtant nous eûmes des orages, et avons essuyés plusieurs tempêtes, je dois le reconnaître. Malgré tout je ne me voyais pas quitter le navire, qui me semblait encore pouvoir naviguer longtemps au vu de tout ce que nous avions traversé.

C’est vrai que je ressens une injustice qui me prend au creux de l’estomac, et une douleur inconsolable étreint ma poitrine à chaque fois que j’y pense.

Alors quand mes amis me reprochent de trop souffrir, c’est une douleur qui se rajoute et une révolte qui s’élève.

Il y a deux jours donc, alors que je partageais ceci par écrit à mon amie d’enfance, une évidence s’est faite chair en moi, comme un éclair de génie (!), un lien fort avec une situation similaire vécue après la mort de ma mère, durant toute mon adolescence. Et ce il y a presque 40 ans…

Il me semblait réentendre toutes ces personnes qui ne comprenaient pas pourquoi je souffrais autant de la mort de ma mère, et ce pendant tant d’années, alors que d’autres enfants étaient orphelins de leurs deux parents ou se retrouvaient seuls avec leur père. Moi j’avais la chance de vivre en communauté, d’avoir des mamans de substitution (et en particulier la Vierge Marie, ce qui me hérissait au plus haut point et me mettait dans une colère folle à chaque fois qu’on me disait cela), et d’avoir la foi.

Donc je ne devais pas souffrir à ce point, je n’en n’avais pas le droit.

C’est dur de ne pas être reconnue et entendue dans sa souffrance, comme si elle était illégitime, indigne…

J’avais juste envie et besoin qu’on me comprenne et qu’on me donne le droit d’être malheureuse d’avoir perdu ma maman, de manière brutale, à l’âge de la pré-adolescence, où je commençais à entrer en conflit avec elle, à avoir honte d’elle (je la trouvait rêche et rigide) et où j’étais persuadée qu’elle ne m’aimait pas et préférait mon petit frère. Malgré tout, j’avais conscience que cette maman prenait soin de moi, veillait sur mon quotidien, sur mes devoirs ;!et elle m’éduquait à la dure, mais avec justesse. Elle ne me laissait pas me coucher sur ma colère et m’amenait demander pardon avant d’aller au lit, à ceux avec qui j’avais été capricieuse ou irrespectueuse.

Et lorsqu’elle avait la main trop leste et me giflait de manière injuste, elle me demandait toujours pardon au moment du coucher, et nous nous réconcilions avant que je m’endorme.

Elle était aussi un repère sécurisant au milieu de tous ces frères et sœurs de tous âges et toutes conditions de vie de la communauté religieuse où nous habitions.

Alors quand elle est morte accidentellement un jour de juin, dans des circonstances qui ont fait penser qu’elle souhaitait mourir (mais ce n’était pas le cas, j’en suis convaincue aujourd’hui) je me suis sentie profondément abandonnée, avec cette question sans réponse : « est-ce que tu m’aimais vraiment ? Est-ce que j’étais importante pour toi ? »

J’ai mis des années à répondre à ces questions et à ressentir que ma mère m’aimait réellement… et cela date d’il y a 2 ans à peine, quand j’ai retrouvé par hasard (!) des lettres qu’elle avait écrit à ma grand-mère et à ma tante. La lecture de ces lettres me l’a rendue si vivante d’un coup, si présente et aimante pour mon frère et moi, et pour tous ceux qu’elle croisait. Ce fut un merveilleux cadeau que la trouvaille de cette correspondance.

Malgré tout, la souffrance de son départ brutal, et cette sensation de ne pas être aimée d’elle, mêlée au sentiment d’abandon, a longtemps hanté ma vie.

Alors je réalise aujourd’hui que le départ de mon mari réactive cette blessure que je croyais guérie, et que toute cette souffrance de « surcroît » que je ressens depuis des mois, avec cette culpabilité de trop souffrir, ne vient pas de la femme adulte qui a été quittée par son mari, mais que c’est celle de l’enfant blessée, paniquée de la mort brutale de sa mère et culpabilisée d’avoir trop souffert de son départ.

Et d’un coup ma souffrance s’est allégée et surtout, ma culpabilité s’est envolée. Car je sais que cette jeune Elisabeth avait le droit de souffrir, et j’ai de l’empathie et de la compassion pour cette enfant qui a grandi trop vite, et qui croyait qu’elle seule pouvait sauver le monde qui l’entourait, venir en aide à tous ces adultes immatures et parfois en grande souffrance qui l’entouraient.

Mais pendant ce temps, personne ne prenait soin de sa souffrance à elle, personne ne lui disait qu’elle avait le droit de ne pas souffrir autant, en prenant autant de responsabilités sur ses épaules, qu’elle avait le droit d’être insouciante et que des adultes étaient là pour la protéger et veiller sur elle.

Aujourd’hui je suis capable d’être cette adulte protectrice pour mon enfant intérieure qui souffre encore beaucoup et qui par moment sort de ses gonds avec beaucoup de violence.

Cette enfant qui ne s’aime pas et qui ressent tant de colère et de frustration au fond d’elle, qu’elles envahissent parfois tout l’espace, et prennent le contrôle de ma vie ou de mes comportements.

C’est drôle de se rendre compte que ce que l’on apprend dans les livres ou par l’enseignement des autres arrive en vrai dans sa propre vie.

Derrière une blessure actuelle se cache très souvent une autre blessure non guérie, qui se réactive et prend le dessus sur l’autre.

Je rends grâce à la vie de m’avoir permis de faire ce lien, et j’espère que vous aussi vous saurez faire des ponts entre différents événements de vie et différentes émotions qui sans cesse reviennent bousculer notre mental et notre cœur.

On dit que le coeur a ses raisons que la raison ignore, mais parfois, la lumière surgit et éclaire notre esprit et le chemin devient plus ouvert et plus lumineux devant soi, plus facile.

Elisabeth Cécile

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L’extraordinaire de l’ordinaire

Aujourd’hui c’est mon anniversaire et je fête mes 50 ans ! J’ai choisi de le fêter toute seule, comme un jour ordinaire, afin de savourer l’extraordinaire de l’ordinaire : la joie et le plaisir d’être en vie, de se balader au soleil, de respirer, de regarder des mamans s’occuper de leurs tout-petits, jouant avec eux au ballon ou accompagnant leurs pas explorateurs ; acheter le pain chez mon boulanger d’à côté et faire 3 courses chez l’épicier du coin.

Un jour tout simple et pourtant rempli de petits bonheurs, de petites joies, et porteur de promesse (mon dossier de financement pour ma reconversion professionnelle passait en commission aujourd’hui même).

Un jour à vivre non comme s’il était le dernier ou le premier, mais comme un jour unique, de l’émerveillement d’être en vie et de sentir la vie qui existe en soi, sans qu’il y ait besoin de quoi que ce soit d’extraordinaire, seule avec moi-même et retrouvant le plaisir d’apprendre et de chanter, d’abord pour moi, sans pression, par défi personnel, mais néanmoins avec l’idée de partager et de redonner ensuite.

Un jour tout simple mais précieux, où je suis heureuse d’avoir décommandé tous les projets de cette journée et des jours prochains, juste pour prendre du temps pour moi et avec moi, pour contacter ce qui fait sens à mon coeur, ce qui a du prix à mes yeux, ce et ceux dont j’ai besoin pour me sentir bien.

Je m’étais éparpillée ces derniers temps, prisonnière de ce que les autres souhaitent et désirent (tant pour eux que pour moi), et ce d’autant plus facilement que je n’arrive pas à ressentir mes envies ni à trouver de l’élan dans ce long temps de jachère personnelle.

Alors je suis heureuse de goûter aujourd’hui juste la joie d’être en vie et d’être venue au monde. Heureuse non pas de tout ce que j’ai pu accomplir de bien durant ces 50 années sur cette terre, mais heureuse juste d’aujourd’hui, heureuse de l’instant magique qui ne reviendra pas et crée du neuf à chaque seconde.

Voilà, c’est ma pépite de la journée, comme un trésor caché que j’avais besoin de retrouver et qui n’en finit pas de se laisser trouver.

C’est subtil, comme un rire d’enfant, un chant d’oiseau, un murmure de vent ou un instant de paix. C’est éphémère et fragile, mais tellement plus puissant que tout se qui dure sans bouger et finalement se sclérose et meurt.

La vie est mouvement, et chaque seconde elle nous transforme et nous recrée, dans un sourire, un battement de cils ou de coeur, parfois d’un coup de burin qui peut paraître chagrin, mais qui toujours au final, cherche à sculpter en nous le meilleur du bien, du beau et du vrai, présents en chacun et chacune.

Puissions-nous laisser la vie honorer la vie en nous à travers les choses simples mais extraordinaires de l’ordinaire 😊

Joyeux anniversaire Elisabeth Cécile, il est heureux que tu sois !!!

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Vœux 2020

Il paraît que les grandes douleurs sont muettes… ainsi est-ce sûrement pour cela que je n’ai pas réussi à écrire sur ce blog depuis des mois. Peut-être aussi parce qu’il faut du temps et du recul pour méditer et retenir tous ces événements dans son coeur…

2019 aura été pour moi une année de profondes blessures et de grandes incompréhensions, tant sur le plan de ma vie conjugale et familiale, que sur le plan de ma vie de catholique pratiquante. Je ne suis pas certaine d’avoir réussi à dépasser la colère et la révolte engendrées par le départ de mon mari l’année de nos 25 ans de mariage, ni le désespoir suscité par la perte de nombreux repères sur lesquels s’étaient construits ma vie, notamment concernant ma foi en Jésus-Christ, et en particulier ma foi en l’Eglise catholique.

Certains faits me sont encore inacceptables émotionnellement et charnellement, même si mon esprit commence à les concevoir et à envisager qu’ils sont indéniables et définitifs. Il faut du temps, et beaucoup d’amour aussi je crois, pour recevoir ce qui nous transperce et remet en question des fondements qu’on pensait inébranlables. Il faut du temps pour mourir à qui l’on était, et accepter de renaître. Hors l’amour est comme un ruisseau qui grossit petit à petit, un arbre qui grandit, une fleur qui s’épanouit… Il trace sa route lentement, sinueusement et silencieusement, sans toujours respecter le chemin qu’on voudrait lui voir emprunter. L’amour se construit et s’apprend, il se pratique jour après jour, sans relâche. Et comme toute pratique, il comporte son lot d’essais et d’erreurs, d’avancées fulgurantes mais également de reculs maladroits, de ratés humiliants, de palliers incompréhensibles et de progrès invisibles.

Je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir, et par moments il me fait peur, voire me semble inexistant. Mais ce que j’ai envie de vous partager aujourd’hui, c’est que je garde au fond de moi une inaltérable espérance ; d’une flamme parfois si infime que les tempêtes intérieures qui m’agitent me semblent la faire vaciller jusqu’à l’éteindre complètement. Pourtant, elle résiste et se rallume inlassablement, sous la poussée d’un flot de vie dont je n’ai moi-même pas toujours conscience, mais qui me traverse et m’habite, et est à mes yeux du domaine de la grâce et du don. Cette vie qui me traverse, cette lumière qui me transperce et me relève, sans jamais se lasser de mes chutes ni de mes plongées abyssales, je vois bien qu’elle me dépasse et qu’elle m’est donnée, même lorsque je me sens démunie pour l’accueillir et la laisser me transformer.

C’est une aventure intérieure qu’il m’est donnée de vivre, une gestation dont je ne connais ni la durée, ni la nature et encore moins l’aboutissement, mais qui je le pressens, fera de moi un nouvel être, plus abouti, plus mature et plus sage, plus fragile et conscient de ses failles, plus acceptant de ses défauts, mais à la fois mystérieusement plus fort.

Alors c’est riche de cette nouvelle expérience que j’ai envie de vous souhaiter à tous et toutes, une très belle année 2020 !

Elisabeth Cécile

“Que le Seigneur te bénisse et te garde !

Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce !

Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !”

Du livre des Nombres, au chapitre 6, versets 24 à 26

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Religion catholique

« Aucun délai de prescription pour l’Amour véritable : il est d’Eternité ! »

À l’attention du Pape François et des responsables haut placés de l’institution ecclésiale,

À vous qui faites les lois ecclésiales et veillez à leur application, qui parfois les défaites -voire les transgressent quand il s’agit de vous-mêmes- tout en jugeant et condamnant sans aucune prescription dans le temps, le péché de gens souvent plus pauvres d’esprit et plus petits que vous, en les obligeant à payer leur dettes envers Dieu jusqu’aux derniers centimes, en leur interdisant à vie de se nourrir à la table eucharistique et en leur refusant l’absolution pour un péché souvent très ancien ou un comportement pour lequel leur nature humaine blessée et malade ne peut pas faire autrement.

Je vous invite à regarder comment vous agissez envers vos pairs de l’institution ecclésiale, en estimant que lorsqu’ils pèchent et dysfonctionnement gravement, il peuvent quand même continuer à administrer les sacrements, que pour leurs actes délictueux il y a prescription et que certaines victimes en font quand même un peu trop pour de simples attouchements.

C’est étonnant comme un prêtre peut rester en état de grâce et continuer à délivrer des sacrements valides (puisque c’est Dieu qui agit) tout en commettant des actes de pédophilie, des agressions sexuelles, en commettant l’adultère, en ayant des relations homosexuelles, en détournant de l’argent, en abusant de son autorité, etc. etc.

Un laïc divorcé-remarié ou un homosexuel marié civilement, eux sont considérés en état de péché permanent, et seraient eux coupés de la grâce et donc indignes de communier ou de recevoir l’absolution.

D’ailleurs, lorsqu’une absolution est donnée, l’Eglise au travers du prêtre, au nom de Jésus-Christ, demande de faire un acte de pénitence et de réparation, pour se remettre dans la communion ecclésiale et renouer de manière concrète le lien avec Dieu et s’engager soi-aussi dans cet acte de réconciliation.

C’est un donnant-donnant en quelque sorte, entre l’offensé et l’offensant. Une nouvelle alliance qui se scelle.

Dieu pardonne tout, mais l’Eglise nous explique l’importance des actes concrets de pénitence et de réparation.

Et toutes les justices du monde fonctionnent ainsi : il y a toujours un prix à payer.

Et c’est vrai, la justice des hommes prévoit souvent des prescriptions pour les actes délictueux commis, même les plus horribles et traumatisants. Et c’est une injustice pour les personnes victimes qui elles portent à vie et sans prescription, dans leur chair, leur psychisme et leur âme, leur coeur aussi, les stigmates des préjudices subis, parfois bien sanglants ou purulents. Et ceux-ci, en l’absence de démarche de pardon et de réconciliation, font que les personnes victimes restent souvent bloquées, suspendues dans le temps, incapables de résilience et nouveau départ.

Car normalement une offense s’accompagne toujours d’un prix à payer pour l’offenseur (même en cas de pardon), d’actes de réparations, parfois juste symboliques mais toujours concrets et visuels pour la personne offensée, ce qui ouvre en elle ou accélère en elle le processus de guérison et lui permet d’avancer vers d’autres horizons.

Elle reste parfois handicapée à vie, mais malgré tout pouvant s’appuyer sur le réconfort d’un minimum de justice à son égard.

Alors je ressens personnellement une profonde injustice et une grande douleur de voir que l’on renvoie à mon amie Caroline, et à bien d’autres dans son cas, que les faits concernant Jacques Marin sont prescrits depuis longtemps et donc, que l’affaire est clause. Et puis on ne va pas ennuyer un prêtre âgé et malade, proche de la mort…

Seulement voilà, l’Eglise nous répète inlassablement que le prêtre n’est pas prêtre par lui-même, ni tout seul, qu’il agit en la personne du Christ, et que tous les prêtres sont solidaires et représentent l’unique personne de Jesus-Christ.

Donc en tant qu’institution et au nom de la communion sacerdotale il y a sûrement moyen de rendre justice de manière concrète de la part de cette même institution, en payant un prix (moral, spirituel ou financier) et en posant un acte concret de pénitence et de réparation envers les victimes, ce d’autant que tous les hommes de l’institution, et en particulier les membres du clergé, surtout les plus haut placés dans la hiérarchie sont les garants de son fonctionnement, de ses règles et surtout du message et de l’incarnation jamais finie de Jésus-Christ sur cette terre, et de sa vie de ressuscité qui nous donne vie et nous relève du dedans, en payant même à notre place le fruit de nos offenses.

De plus l’Eglise institution nous serine sans cesse que la justice divine n’est pas celle des hommes, que nous ne serions pas « de ce monde », mais encore faut-il comprendre ce que Jésus entend par « l’esprit du monde », qui n’a rien avoir avec le fait d’être croyant ou non, mais qui consiste en une attitude du coeur qui agit en vérité et de manière sincère et authentique, sans mensonges ni compromissions.

Mais là, concernant les délais de prescription, cette justice et ces lois des hommes, tant décriées par vous dans d’autres cas, devient tout d’un coup essentielle, mise en avant comme un paravent et brandie comme un bouclier, une vérité infaillible.

Quelle crédibilité peut avoir l’Eglise institution en agissant ainsi ? Quel témoignage croyez-vous que cela donne aux non-croyants ? Et quel exemple cela nous renvoie-t-il à nous baptisés et baptisées ?

D’autant que nous aussi sommes membres du Corps du Christ, acteurs de l’annonce, et qu’en agissant de la sorte et en décidant en votre seul nom qu’il y a prescription et qu’il n’y a aucune amende honorable à faire vous passez outre le fait qu’une grande partie de peuple de Dieu souhaite qu’il en soit autrement. Là aussi vous commettez un abus de pouvoir en décidant vous même qui est légitime pour parler au nom de l’Eglise institution, au nom même de Dieu, alors que nous sommes tous frères et sœurs à égalités sous Son regard, tous pécheurs ! Et pourtant nous sommes tous aimés de Lui, pardonnés par Lui de la même manière : en totalité, sans condition, et au prix de son propre sang et sacrifice de sa personne, tant humaine que divine.

J’ai longtemps été en colère contre tout ceci.

Je ne le suis plus.

Je suis juste partie un peu à l’écart et je ne paie plus le denier du culte pour ne plus cautionner un tel système qui me paraît pervers et malsain, contraire à l’évangile, et dans le déni par rapport à ses actes, ses propres blessures et fragilités, ses propres imperfections, et qui se drape derrière 2000 ans de règles et de dogmes, de lois tellement complexes qu’on se croirait revenus au temps du pharisianisme contre lequel Jésus-Christ s’est élevé, lui qui est venu pour les pauvres et les malades, les cabossés de la vie, les imparfaits, afin de les aimer et non de les condamner ou de leur imposer des fardeaux trop lourds à porter.

Et c’est pour eux qu’Il donne Sa Vie en nourriture, pour eux qu’Il verse son sang et déverse son pardon, en prenant sur ces épaules tous nos jougs, car ce « eux » c’est « nous », chacun d’entre nous, car aucun ni aucune de nous n’est pur et sans péché (limites, blessures, faiblesse si le mot péché vous choque), aucun.

Et nous n’avons pas le droit de nous juger et de nous condamner les uns les autres, et nous sommes tous et toutes appelés au pardon et à la réconciliation, qui passe, vous le savez bien puisque vous nous confessez régulièrement, par l’aveu de la faute, la contrition sincère et l’acte de pénitence.

Alors naïvement et de plus en plus douloureusement, nous laïcs, nous espérons et croyons avec espérance, en posant malgré tout un regard d’amour et de confiance sur vous, que vous pouvez convertir vos cœurs en faisant acte de confession réelle, sincère et authentique de vos fautes et offenses envers les personnes victimes, pas seulement en paroles mais aussi en actes et en vérité.

Ce serait un témoignage si fort et un exemple tellement parlant pour le monde de ce qu’est la conversion du coeur, de l’humilité avec laquelle Christ nous a demandé de nous agenouiller devant chaque frère ou sœur en humanité, et de la démarche de réconciliation que Christ nous invite à vivre avec le Père mais aussi entre nous.

Je suis une enfant de la Communauté des Béatitudes, mes parents y sont rentrés le jour anniversaire de mes 6 ans. J’y ai été baptisée à la veillée pascale 1977 à l’âge de 7 ans, j’y ai reçu le sacrement de confirmation à 17 ans, des mains de Mgr Coffy, évêque protecteur de la communauté un jeudi de l’Ascension, et je n’ai jamais fait ma profession de foi car j’ai toujours estimée que la proclamer en communauté ecclésiale chaque dimanche à la messe était suffisant (et je me rappelle très bien de mon baptême)

Le fondateur Ephraïm était un ami de mes parents, de même que tout le groupe des nancéiens, Philippe Madre est mon parrain et Pierre-Etienne Albert est le parrain de mon frère, il m’a appris le piano et m’a ouvert le monde de la musique et du chant.

J’ai rencontré de nombreuses fois Jacques Marin, le père Thomas Phillipe et je connais de l’intérieur la vie communautaire depuis toute petite, en percevant les richesses et les pauvretés, les forces et les failles.

Tandis que la majorité des frères et sœurs se pensaient à l’abri du mal, qui lui était pointé du doigt et diabolisé, dehors bien sûr, et absent de la communauté… puisque qu’ils avaient tous répondu oui à l’appel de Dieu et s’estimaient tous convertis et sur le droit chemin, une immense poutre obstruant leurs yeux et les rendant aveugles à leurs propres égarements…

De plus j’étais enfant et donc non engagée et non soumise aux règles (sauf à celle du silence dans les couloirs et aux repas, et à l’obligation de dépendre du Berger pour toutes décisions concernant la vie matérielle de mes parents et la mienne).

Je me positionnais donc en spectatrice et observatrice, et trop souvent en sauveur de tous ces adultes qui selon moi ne voyaient pas le danger. Et je me rebellais à leur place, ouvrant grand ma bouche devant tous pour mettre à mal l’autorité du berger, à la fin des repas, me servant du privilège de l’adolescence !

Je sais donc parfaitement (enfin pas tout quand même…et heureusement je crois…) que dans toutes ces affaires de pédophilie et d’abus de pouvoir, d’abus sexuel, il y a eu des non-dits, des mensonges, des compromissions, des silences mortels et des dénis qui ont contribués à la poursuite et à l’ampleur des dégâts, sur des personnes fragiles et blessés.

Et j’ai compris très jeune que le silence est aussi crime et violence inouïe, que c’est tout le système d’omerta et d’obligation de perfection, de devoir de sainteté et de respect des règles au nom de la sainte obéissance et de l’amour de Jésus-Christ qui est à l’origine de tous ces abus.

Que tous et toutes portent une part de responsabilité dans ces affaires, en adulant et portant aux nues les leaders charismatiques, en étant dans le déni de leur abus de comportement, en les stimulants parfois inconsciemment, et du fait de l’absence de justesse du cadre (soit inexistant soit trop rigide et enfermant), de la fragilité humaine et psychologique de chacun, qui dans un groupe a vite fait de séparer d’un côté des leaders qui se croient tout permis au nom d’une sainte cause, et de l’autre des moutons suiveurs qui ont peur de sortir du lot de peur d’être rejetés et abandonnés, et parce ce que la loi du plus fort et du plus grand nombre à vite fait de prendre le dessus sur l’individu et son intégrité.

On se fond dans le groupe et on en perd son identité, et c’est le groupe qui peu à peu définit notre identité, et la responsabilité des meneurs et des garants est toujours première.

Hors l’Eglise institution est normalement la garante de la justice, de la miséricorde, du don de la Paix, de la Joie et de l’Amour que Christ vient apporter sur la terre et au monde entier au travers du Sacrement qu’est son Église (et qui ne se restreint pas heureusement au clergé catholique romain et donc uniquement à un univers masculin et célibataire…)

Je suis médecin de formation, travaillant depuis 15 ans en addictologie, et aux contacts de nombreuses victimes d’abus de tout genre, sexuels en particulier -qui restent des actes de violences et d’agression sur l’intégrité physique et psychique, spirituelle aussi des personnes- ; mais j’accompagne aussi les auteurs de ces violences, qui frappent femmes et enfants sous l’emprise de l’alcool ou autres produits, dont certains sont pédophiles, dont certains sont coupables d’homicides, volontaires ou involontaires.

Et je découvre chaque jour un peu plus que tout être humain est d’abord une victime quelques soient les actes qu’il commet (victime de son péché et de ses blessures, de son histoire personnelle et familiale, de ses choix mal éclairés).

Cependant certains actes sont trop graves pour ne pas aussi les poser comme des actes coupables, où la responsabilité de la personne ou d’un groupe constitué est engagée.

Et pour le bien de tous, la condamnation officielle des actes, mais aussi le signifiant d’actes concrets de pénitence, de punition et de réparation sont essentiels, tant pour les victimes que pour les coupables.

C’est ce qui aide à se reconstruire, à se convertir, à se transformer du dedans et à avancer sur nos chemins d’humanité pour construire ensemble et faire porter du fruit ce Royaume de Dieu déjà présent au milieu de nous.

Si nous ne reconnaissons pas nos erreurs, si nous ne nous pardonnons pas à nous-mêmes nos fautes et nos imperfections, si nous ne battons pas notre coulpe afin de nous libérer du poids de la culpabilité et laisser Dieu nous faire miséricorde, nous détruisons tout ce pourquoi Christ a donné sa vie.

Et que nous soyons membres du clergé ou laïcs sans mission institutionnelle, nous sommes tous responsables de l’Eglise Corps du Christ, tous membres à part entière et égale, et tous invités à ce que notre vie et nos actes rendent témoignage à Celui en qui nous croyons. Et nous ne sommes pas missionnés pour sauver la face de l’institution, maintenir un système coûte que coûte même s’il est perverti, ni pour se cramponner à des traditions séculaires, les défendre becs et ongles au détriment même de la miséricorde divine qui veut se déverser sur le monde, en agissant parfois contre l’Esprit-Saint lui-même. De toute façon, c’est l’Esprit qui achèvera son œuvre de sanctification dans le monde, où il veut, comme il veut, et sans notre permission ni aucune prescription, car il est Esprit d’éternité et tout-puissant, bien plus que notre pauvre humanité restrictive et pécheresse ; et ce Souffle est à l’œuvre au cœur de tout être humain quel que soit son rang, sa religion et son statut ecclésial ou marital, et aussi son genre.

La balle est dans votre camp, même si rassurez-vous, je continuerai pour ma part à jouer ma partition jusqu’au bout.

Cordialement

Elisabeth Cécile PIERRE SAINT-PASTOU

82000 Montauban

49 ans

Fille de Dieu et Fille de l’Homme

POUR SIGNER LA PÉTITION : http://chng.it/QXDtXTsDYB

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Contrition et Afflixion

Je ne sais pas si un jour j’arriverai à me pardonner d’être une personne toxique et négative, infidèle, et qui a tout gâché. C’est ce que j’ai été pour lui, au lieu d’une femme fidèle et soutenante, désirante, et c’est pour ça qu’il est parti 😢

plus important encore…suis-je capable de changer et de ne pas reproduire les mêmes erreurs ?

J’ai l’impression de porter toute la responsabilité de l’échec de ce mariage sur mon dos…

Christophe a raison. C’est moi qui ai tout gâché dès le début, moi qui est trahi la première. Et j’ai encore tout gâché ces dernières années, même si c’était différent.

Alors c’est normal que je sois punie

Ne pensez pas que Christophe soit coupable d’être parti, il était sous les cailloux m’a-t-il dit, étouffé par moi. Et il a trop enduré et supporté de moi, il ne s’est pas respecté. Et il a raison. Je lui en ai fait voir de toutes les couleurs et je ne sais même pas comment il a pu tenir si longtemps et m’aimer autant d’années.

C’est moi la fautive et la responsable de tout

Je le sais et je commence à l’accepter et à le regarder en face

Je ne suis pas celle que vous croyez

J’ai une face cachée bien sombre, très sombre même et j’ai au moins autant de défauts que de qualités, voire nettement plus de négatif et de contradictions en moi que de bon et de simple.

Normal que mon mari en ai eu marre

Sa coupe était pleine

Et j’emmerde tous ceux qui me diront de ne pas dévoiler ici ma vie privée

Que cela fait du mal à mes enfants

Ma vie n’est plus en ce moment, privée ou pas

Et mes enfants sont au courant de tout

Ce qui les faits souffrir c’est leurs parents séparés ici et maintenant, pas ce que nous avons faits ou vécus dans le passé

Une vie entière de mensonge et de faux-semblants, de trahisons et de non-pardon

Voilà le revers de la médaille et l’ombre de notre mariage

En était-ce seulement un ? Je me le demande de plus en plus…

Christophe a toujours vu le négatif de notre couple, et moi le positif

Au final c’est le négatif et l’ombre qui l’emportent

Je n’ai rien à cacher

Et je n’ai plus rien à perdre

Je me sens comme une infidèle et une hérétique attachée au bûcher et en sus aux moqueries et aux crachats de tous, montrée du doigt par les preux et les purs

Moi je suis noire, impure et rebelle

C’est cela qui se cache derrière mon miroir depuis tant d’année

Et maintenant le miroir s’est brisé et l’ère du malheur va régner.

Cependant ce n’est que justice

Malédiction pour l’impie le méchant et l’impur

Bonheur pour le juste au coeur droit

C’est Christophe le coeur juste et droit

Et c’est lui qui a eu le courage de faire ce que je n’ai jamais réussi : oser regqrder en face l’énorme mascarade et échec de notre mariage, et y mettre fin

Je n’ai plus que ma honte pour me couvrir, ma honte et mon péché, qui sans relâche me flagelle le coeur.

Je n’ai que ce que je mérite

Et si mon mariage a échoué, c’est entièrement ma faute

Et elle est tatouée sur mon coeur et mon corps

Je ne suis pas la gentille personne que vous croyez

Malgré mes valeurs, malgré la force de mon amour, et de ma foi, malgré la puissance du sacrement et la présence de Dieu, j’ai trompé, j’ai bafoué et j’ai échoué

Et mon mari n’a pas pu me pardonner

Et maintenant il a tourné la page et s’est vengé

FIN DE L’HISTOIRE

C’EST FINI ELISABETH, C’EST FINI, C’EST FINI C’EST FINI FINI FINI FINI

J’espère que mon inconscient l’aura compris

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Méditation Poésie Réflexion

Désapprendre

Parce ce qu’aujourd’hui ce sont les mots de Diane Gagnon qui me touchent et me rejoignent, et que c’est une manière de désapprendre à dire moi-même, pour laisser briller la lumière de l’autre 🤩😍

DÉSAPPRENDRE

Pour la plupart d’entre nous, nous passons notre vie à apprendre à lire, à compter, à apprendre des concepts, des idées, des matières académiques, une profession.
Nous apprenons surtout à nous comporter et à agir selon les standards et les règles de la société à laquelle nous appartenons, de la famille dont nous sommes issus et du milieu dans lequel nous évoluons.

Nous apprenons à être un bon enfant, un bon élève, un bon parent, un bon employé, un bon patron, un bon conjoint, un bon ami….
Nous apprenons tout cela et bien plus… mais nous n’apprenons pas à être nous-mêmes.

Et nous nous réveillons à 40, 50, 60, 70 ans pour réaliser que toute notre vie, nous avons appris pour répondre aux attentes des autres et de la société, mais nous avons oublié d’apprendre à rester nous-mêmes.

Nous avons enfilé comme des vêtements superposés tous ces rôles que l’on nous demandait de jouer au fil des années, tous ces attributs que nous avons jugés importants d’additionner à notre bagage de masques et de déguisements déjà bien trop lourd.

Nous cherchons même parfois, inconsciemment ou mûs par un faux besoin de sécurité, à préserver tous ces apprentissages tellement nous nous sommes identifiés à eux.
Nous voulons rester dans ces rôles professionnels et personnels auxquels nous nous sommes assujettis toute notre vie alors que nous avons oublié de mettre la Vie, notre vie, au premier plan.

Mais cette époque semble en voie d’être révolue. Bien des humains, de plus en plus conscients, cherchent à se débarrasser de tout ce qui ne leur appartient pas.
Nous cherchons de plus en plus à voyager léger, à nous délester de ces rôles qui nous ont fait oublier de vivre pleinement et de savourer chaque instant, trop occupés que nous étions à jouer le rôle de celui ou celle que nous ne sommes pas.

Nous avons soif d’être vrais, d’être authentiques, d’êtres nous-mêmes, de nous affirmer, de « nous dire » comme le dit si bien Jacques Salomé. Nous voulons désapprendre ces conditionnements qui nous étouffent et qui nous éloignent de notre propre lumière intérieure.

Nous cherchons à éviter d’ajouter quelque bagage inutile que ce soit car nous avons bien souvent porté tellement de valises trop lourdes que nous nous y sommes épuisés à tenter de répondre à tout et à tous, en oubliant de nous demander ce que nous voulions vraiment, nous.

Faire le ménage dans sa vie, c’est faire de la place pour du plus beau, c’est sortir les cailloux pour que les plumes puissent s’y inviter, c’est revenir à soi et devenir sa propre référence plutôt que d’aller chercher nos validations à l’extérieur.

Alors désapprenons les conditionnements qui ne nous servent plus, qui nous étouffent, qui nous ralentissent, qui nous alourdissent.
Laissons tomber la lourdeur et l’entêtement et faisons confiance à la Vie, à nous, à ce qui vibre en nous.
Revenons à nous, soyons à l’écoute de la Vie, laissons-nous et laissons-la nous guider vers ce qui nourrit vraiment notre âme, vers ce qui nous rend heureux, vers ce qui nous élève.

Pour pouvoir s’élever, il faut devenir plus léger… en étant simplement et totalement soi.

Diane Gagnon

Désapprendre/sens et co-naissance/Diane Gagnon

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