Développement personnel

L’amour d’un père

Me voici à nouveau parmi vous après un long silence, et pour causes… Deux événements notables sont survenus, tel un tsunami dans ma vie !

Mon mari a choisi de quitter la maison le 2 janvier dernier pour habiter seul et prendre du recul, pour un mois plus tard m’annoncer que cette séparation était définitive et que tout était fini entre nous.

Au final c’est moi qui ai déménagé depuis quelques jours dans une nouvelle demeure, lui laissant avant qu’elle soit vendue, notre maison commune, où nos trois enfants, tous jeunes adultes, ont encore leurs marques et leurs chambres, mêmes s’ils sont les uns et les autres en train de quitter le nid, pour s’extraire du cocon familial et déployer leurs propres ailes afin de s’envoler vers leurs propres horizons de leurs vies.

Mais là n’est pas le propos de mon article, et je ne m’étendrai pas plus sur ce sujet, encore trop récent et difficile pour moi.

Ce que j’ai à cœur de vous partager c’est qu’au milieu de tous ces bouleversements intérieurs et extérieurs, plutôt bien douloureux pour mon coeur et mon ego blesssés, je vis aussi de très belles choses et reçois de magnifiques cadeaux.

Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir dans la vie, et je le découvre de plus en plus. Tout est équilibre et perfection, et chaque événement -quelle que soit sa teneur parfois catastrophique et incompréhensible, révoltante même- comporte quelque part en lui une source de bonheur et d’enrichissement, de progression vers plus de foi (confiance) et d’humanité, vers plus d’amour, et vers une meilleure version de soi et du monde autour de soi.

Évidemment, comme le souligne David Laroche -dont je suis le parcours en ligne « Entrainé pour réussir », qui soit dit en passant est un merveilleux cadeau dans ma vie, surtout en cette période houleuse que je traverse- l’aspect positif d’une situation n’est pas forcément évident, et il faut s’entrainer à élargir son regard dans le temps et l’espace pour en trouver le (et bien souvent les) cadeau(x) caché(s), que ce soit dans l’instant présent, mais aussi dans la durée.

Tout ce qu’il nous est donné de vivre, et qui parfois paraît un cadeau empoisonné, contribue à qui nous sommes et à qui nous devenons. Et de toute situation un bien peut sortir.

Évidemment on ne souhaite pas la situation douloureuse et elle n’est certainement pas à rechercher, voire à s’infliger ou à infliger à d’autres, mais la vie se charge de nous offrir son lot de tourments et d’injustices. Et bizarrement, comme tout est équilibre des forces, toute tristesse amène sa joie, et toute déchirure amène sa consolation.

C’est cette consolation et ce réconfort du cœur que j’ai envie de vous partager aujourd’hui.

Vous ne le savez peut-être pas, mais j’ai un père (si si je vous assure !) et qui plus est, un papa formidable (et je le découvre à nouveau après en avoir un peu douté!).

L’histoire entre lui et moi n’est pas simple, mais quelle relation parent-enfant l’est ?

Nous avons chacun notre passé et notre sensibilité, et nous partageons en commun de nombreuses choses (les chiens ne font pas des chats comme je l’ai toujours entendu dire 😉), notamment ce sentiment d’indignité à être et cette difficulté à se sentir légitime.

Un jour mon père m’a exprimé qu’il s’est toujours senti un père indigne et démissionnaire, et d’ailleurs il ne signait jamais ses lettres avec « papa », mais écrivait son prénom ou son surnom à la fin de tous les courriers ou messages qu’il m’envoyait. Jusqu’à ce que je lui dise qu’il était mon père et que j’avais besoin qu’il me le montre de manière tangible en signant « papa ». Ce qu’il ne manque jamais de faire depuis.

Pourtant, j’ai toujours eu du mal à me sentir aimée de lui, en particulier depuis cet évènement incompréhensible, inexplicable et très difficile à accepter (pour moi comme pour lui évidemment), que fut la mort brutale de ma mère à l’âge de 36 ans, l’année de mes onze ans.

Un traumatisme dans nos vies, qui fut long et douloureux à accueillir puis à accepter (mais peut-on jamais l’accepter totalement ? C’est un chemin qui n’a pas de fin quelque part), et que nous avons traversé tant bien que mal, chacun avec nos limites et nos possibles.

En tant qu’adolescente et même en tant qu’adulte, j’ai eu du mal à me détacher de mon papa, dont je ressentais la souffrance intérieure, en lien avec une enfance difficile et un veuvage précoce, tellement injuste et douloureux.

Et j’ai aussi je crois, rendu impossible son remariage (même si au final c’est son choix et sa responsabilité), tant j’ai souffert de la mort de ma mère, et qu’il était inconcevable pour moi de la « remplacer » par qui que ce soit, tant par une mère sur terre que par une mère au ciel. Je ne supportais pas qu’on me dise que si ma mère de la terre n’était plus là je pouvais choisir la Sainte Vierge pour Mère (et d’ailleurs cette dernière est à mon coeur, d’abord une sœur et une amie, ma sœur en humanité, avant que d’être ma mère, même si elle l’est devenue aussi par la suite).

Comme je viens de le dire, j’ai toujours eu de la difficulté à prendre de la distance vis à vis de mon père, notamment au travers de la nécessaire colère (et de tous les griefs qu’on y associe), pour se détacher et se différencier de ses parents, afin de devenir l’être unique et adulte, et donc capable d’autonomie, que nous sommes tous et toutes invités à être.

Comment être en colère contre un père qui souffre d’avoir perdu sa femme, et qui plus est, perd ses deux parents l’un après l’autre dans les cinq ans qui ont suivis…?

C’était beaucoup de culpabilité pour moi de regarder mon papa de manière objective, en accueillant ses défauts autant que ses qualités. Il me semblait injuste de regarder ses limites et ses failles, et de les lui renvoyer, même si elles me faisaient souffrir et semblaient me porter préjudice (parce qu’en réalité elles sont aussi la raison de qui je suis aujourd’hui, et ont contribué à me faire croître en courage et en combativité, en autonomie aussi)

J’ai toujours ressenti ce rôle inversé en moi, où il me fallait être le parent de mon père, et où je m’interdisais d’être une fille en colère. Et pourtant Dieu sait qu’elle me traversait la colère, une bouillonnante colère même, dont certains ont fait les frais, moi la première en réalité.

Mais être en colère contre mon père ou en désaccord profond avec lui…hou là là, impossible !!!

J’avais trop l’impression de ne plus l’aimer et de lui rajouter une souffrance supplémentaire, et je finissais par porter moi cette souffrance que je refusais de lui infliger.

Mais j’ai compris avec le temps et au travers de mes différentes expériences de vie, qu’on ne peut épargner à l’autre tout désagrément, ni le protéger de toute souffrance. L’important étant de faire (et de vivre) ce qui est nécessaire à notre propre croissance (et qui contribue autant à la mienne autant qu’à la sienne). Je le réalise jour après jour, au travers de mes enfants, en étant parent moi-même -ou plutôt en le devenant grâce à eux, au fil de leur croissance dirais-je.

Pour faire court (lol!), je dirais qu’une de mes blessures (qui a aussi contribuée à développer une certaine force en moi), est que mon père s’est plus rapproché et occupé de mon frère (de deux ans et demi plus jeune que moi, et qui avait donc 9 ans au décès de notre maman), et qu’il m’a avoué un jour, que comme moi j’avais la foi, il pensait que je souffrais moins de la mort de ma mère que mon frère, et que j’avais donc moins besoin de son soutien et de sa présence.

Là aussi, pas simple quand on aime son frère et son père, de ne pas ressentir de culpabilité à se sentir jalouse et en colère d’une attention dont on est privée, sans en comprendre la raison, avec évidemment l’interprétation que « si je suis moins aimée dans les actes je suis moins aimée tout court, et que si je suis moins aimée (voire pas véritablement), c’est que je ne le vaux pas et que je ne le mérite pas … »

Et là la boucle est bouclée, et comme mon papa je me sens indigne et illégitime !

Voyez le contexte de ma vie, et toutes les croyances avec lesquelles je me suis construite, certaines étant un véritable handicap, et ayant peut-être (sûrement) contribuées aux difficultés de ma vie de couple et à cette séparation qui se dirige actuellement vers un divorce.

Mais voilà, au travers de cette séparation douloureuse, je découvre et redécouvre l’amour de mon père, et l’après-midi que j’ai passé hier avec lui en a été un magnifique témoignage.

Tout d’abord, lundi dernier il est venu m’aider à déménager, et n’a pas eu peur de monter et descendre les escaliers en portant moults cartons avec un diable (je me demande bien pourquoi un outil si utile et précieux s’appelle ainsi 😉). Et ce malgré des ennuis cardiaques récents ayant conduit à une dilatation artérielle avec stents. Évidemment je ne l’aurais pas laissé prendre des risques inutiles, et le médecin que je suis savais que son coeur ne risquait rien, et que cet exercice de rééducation était même peut-être bienvenu !(🥴). Mais j’ai été touchée par son investissement à m’aider à déménager, ce d’autant que nous n’étions que 3 dans l’affaire pour mes nombreuses affaires !!!

Et là j’ai commencé à prendre conscience de manière tangible que j’avais du prix aux yeux de mon papa, et à me sentir aimée de lui.

Mais la plus grosse prise de conscience, (associée à une immense gratitude) s’est faite ce lundi 1er avril. Et concernant mon papa qui est féru de pêche, voire complètement mordu (!) la date est symbolique. Et ce n’est pas un poisson d’avril que j’ai reçu, mais une vraie démonstration d’amour parental et une vraie joie d’un défi commun partagé entre un père et sa fille 😍.

Pour améliorer ma nouvelle maison (pourtant déjà très au top !), j’ai acheté un buffet de cuisine, et comme vous vous en doutez, j’ai demandé à mon papa -qui me propose sans cesse son aide et son soutien en ce moment-, de venir m’aider à le chercher au dépôt du magasin et à le monter.

J’avais déjà senti au téléphone sa joie cachée de venir m’aider à monter un meuble (nous connaissons tous les différents sketches de ce genre de moments épiques 😁), mais en le voyant arriver j’ai eu un coup au coeur et quelques scrupules à avoir fait appel à lui….

Ce d’autant que mon mari lui, a toujours été fan de légos et de notices improbables, et s’empresse toujours de monter les meubles avec un plaisir de gosse inégalé, et par force de l’expérience, avec beaucoup de talents et de compétences en la matière !

Alors quel contraste de voir mon père arriver en trainant la patte (pour de vrai, il boitait à cause d’un début de goutte, mais n’a pas voulu prendre d’antidouleur évidemment, têtu comme une mule !).

Et à peine arrivés à la maison, alors que je réglais un problème de cumulus avec mon propriétaire, ne voilà-t-il pas qu’il s’assoit dans le fauteuil après avoir monté les cartons, pas du tout motivé pour la suite, et qu’il me dit : « j’ai un coup de barre et une de ces envies de dormir… »

Et moi dans le même temps j’avais un œil sur la notice qui me disait : temps de montage = 3h pour 2 personnes 😩😩😩

Ce ne sont pas 3h que nous avons mis, mais quasiment 6 🥴🤪

Et sur la fin (vers la 5eme heure je dirais !) quand j’ai vu les portes des placards de guingois qui ne voulaient pas se fermer correctement malgré tous les régalages possibles et imaginables, j’avoue que j’ai eu un moment de découragement, ce d’autant que plusieurs fois pendant le montage, j’ai senti mon papa un peu à cran, très peu emballé et pas du tout optimiste, se plaignant de son dos à maintes reprises !

Seulement voilà, avec la ténacité (l’obstination dirais-je !), la patience et l’amour dont nous sommes capables lui et moi, nous avons réussi ce défi du montage de meuble 💪🏼, et ce défi de l’évitement du pétage de boulons et de la prise de bec 😅

Et en me réveillant au beau milieu de la nuit tout à l’heure, je me suis dis que j’avais tord de regretter le nombre d’euros mis dans ce meuble (alors que nous avons mascagné des heures et galéré comme des malades à le monter…), parce ce que ce j’ai découvert de l’amour de mon père pour moi, qui a surmonté ses douleurs et sa mauvaise humeur pendant tout ce temps à m’aider, n’a pas de prix !!!

Je suis très fière de ce que nous avons réussi ensemble, chacun contribuant par ses compétences propres (et par chance complémentaires !) à un super résultat final 🤩

 

Et je ne parle pas que du meuble, mais aussi de ce qui s’est construit et reconstruit entre nous, en moi, et qui me donne envie de vous dire, comme je le ressentais quand j’étais petite fille, avec les yeux brillants d’admiration et de gratitude : « le plus fort, c’est mon père !!!! »

« Je t’aime Papa ❤️ »

« Merci d’exister et d’être là, merci de m’aimer et de faire de moi une fille aimée, et de ce fait, une femme plus épanouie et mieux dans sa vie 😊 🥰 »

Elisabeth Cécile

 

 

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5 réflexions sur “L’amour d’un père

    • Oui je lui ai partagé, avec un message personnel en plus évidemment !
      Nb. Mon papa s’appelle Michel mais il est plus connu sous le surnom de Mimiche, papi Mimiche même pour ses petits-enfants (6 + 1 arrière petite-fille du côté de mon frère !)

      J'aime

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