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Le Christ : Tête ou Coeur ? ou comment restaurer notre visage de l’intérieur ❤️😍

Je ne peux m’empêcher de croire que si l’apôtre Paul avait été une femme, dans son analogie de l’Eglise et du corps humain, il aurait parlé du Christ Coeur et non du Christ Tête ! Car si le cerveau est indispensable à la bonne marche du corps, sans la pompe du coeur qui ne cesse jamais de battre tant qu’on est vivant, le corps et en particulier les organes vitaux, ne sont plus irrigués ni vivifiés.

D’ailleurs c’est du Coeur Transpercé du Christ que jaillissent le sang et l’eau et que naît l’Eglise, et c’est dans Son Coeur que le Sacerdoce de tout prêtre prend sa source.

Sa Tête, elle, est couronnée d’épines, et son esprit est ensanglanté, comme incapable de raisonner ou de réfléchir… Au moment de mourir, Jésus ne sait plus qu’aimer, avec Son coeur, non avec sa tête : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font… » « Entre tes mains je remets mon esprit » … mon esprit, c’est à dire mon intelligence, mon âme, ma vie, mon souffle (et non mon cerveau).

C’est à dire, je te remets l’invisible de qui je suis et qui fait battre mon coeur, donnant vie à mon corps, pour m’endormir dans la vie en confiance… N’est-ce pas cela la mort ? S’endormir dans la vie, s’endormir de la vie ? Parce que si je m’endors dans la mort c’est que je suis encore vivant, vue que la mort ne se définit qu’en contraste avec la vie ?

Étrange mystère que celui que Jésus-Christ est venu nous révéler…

Cette mort injuste qui nous paraît si cruelle, si terrible et si désespérante, telle le Mal absolu, est source de vie ; grâce à Lui, grâce à Dieu, à Sa Vie qui n’est qu’amour et miséricorde.

C’est beau dans le concept, rempli d’espérance, et intellectuellement nous pouvons parfois y adhérer (ou alors le rejeter).

Mais lorsqu’il s’agit de le vivre… quelle douleur, quelle horreur, quelle cruauté ! 😢

Et la tentation du désespoir et de la révolte, de la non acceptation est là… Jésus lui-même n’en ayant pas été épargné : « mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » « Père, s’il est encore possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! »

Souvent nous nous accrochons au peu de vie qu’il nous reste, nous nous débattons, nous pestons, nous accusons, nous protestons :

« qu’ai-je fait pour mériter cela ? Je ne suis pas coupable ! Je n’ai rien fait ! J’ai toujours agis de mon mieux ! » Et je me regarde en victime, en innocent que l’on punit… et c’est tellement injuste en réalité… pourtant, rien ne m’appartient, rien ne m’est dû, tout ce que j’ai et suis m’a été donné et peut m’être repris…

« Si Dieu m’aimait vraiment il ne m’arriverait pas cela, il ne NOUS arriverait pas cela ! Elle est où Sa Promesse ? » Et là, je deviens un puit de doutes, une âme de désespérance et d’errance…

« Ceux qui veulent ma mort sont mes ennemis, ou alors ils sont ennemis de Dieu, c’est Dieu qu’ils veulent tuer à travers moi ! » et je fais de moi un héros, un martyr de la foi ou de l’humanité, me prenant peut-être pour ce que je ne suis pas…

Parfois c’est moi que je condamne et je me souhaite la mort : « je le savais, je ne vaux rien. Je n’y arriverai jamais. Je suis nulle et non aimable, je mérite la mort. Tout plutôt que vivre, car je ne le mérite pas… » Et je me définis en coupable, en coupable et en incapable, incapable de croire à l’amour et au pardon, incapable de vivre.

D’autres fois encore, je l’appelle à corps et à cris cette fameuse mort : « je n’en peux plus, c’est trop horrible, trop dur, je ne supporte plus tout ceci, toute cette souffrance, toute cette injustice, tout ce mépris… tout plutôt que vivre cette vie qui n’en est plus une… » et je me donne la mort, en pensée, mais parfois aussi en actes, réversibles ou irréversibles 😢

Dans tous les cas je perds confiance, je n’ai plus d’espérance, et je ne suis pas en paix…

Être en paix c’est un cadeau, un don, mais cela peut aussi être un choix, un désir voire même une volonté, un acte bien concret. Tout d’abord c’est accueillir, jusqu’à un jour accepter, et finir même par choisir !

La Paix, c’est l’ultime au-revoir du Christ « je vous laisse la Paix, je vous donne la Paix », et c’est également son premier « bonjour » de ressuscité : « La Paix soit avec vous » !

Nous souhaitons ne plus perdre la face, redorer notre blason, restaurer voire améliorer notre image ? Nulle couche de peinture ou de fond de teint ne rendra beau et lumineux un visage grimaçant de souffrance, de honte, de colère ou de désespoir. Aucun ravalement de façade ne saurait apporter un éclat durable si le changement ne vient pas d’abord de l’intérieur.

Nous souhaitons panser nos blessures, transfigurer nos plaies et nos laideurs, retrouver notre jeunesse et son élan ? Nous aurons beau y réfléchir avec notre tête et chercher les meilleures solutions et les meilleurs outils, si nous ne nous revenons pas à l’essentiel de ce qui nous fait vivre, si nous ne prenons pas soin d’abord de notre coeur, aucune vitalité ni aucun sang neuf n’ira irriguer notre visage pour lui rendre sa souplesse et sa douceur ni le ré-oxygéner.

Je nous invite à un lifting du coeur, qui seul peut nous permettre de vivre enfin ce à quoi nous aspirons. Posons nos cerveaux, mourrons à nos idées et concentrons nous sur nos cœurs, au sens propre comme au figuré : bougeons, marchons, courons, nageons, mangeons plus léger, respirons un air plus pur, dormons et veillons à la qualité de notre sommeil, en utilisant la nature et le(s) bon(s) sens.

Contemplons ce qui est beau, nourrissons-nous en (et pour cela recherchons-le, évitons de nous complaire dans ce qui est laid et sale, ce qui nous tire vers le bas), baignons nos cœurs dans de belles musiques, de beaux chants, de beaux textes, de beaux tableaux, de beaux paysages. Oublions le superficiel et le convenu, et ouvrons nous à ce qui surprend et qui élève l’âme.

Concentrons-nous sur ce qui dilate notre coeur, sur ce qui l’aide à vibrer et à battre un peu plus vite, plus fort surtout. Offrons-nous des massages du coeur au travers de sourires, de moments de tendresses, de caresses de la vie comme la sensation d’une brise légère, des pieds dans la rivière, des parfums d’encens ou des saveurs de miels, des mains dans la terre et les feuilles ou des yeux, brillants de soleils couchants.

Des bains de prière et de silence qui nous plongent dans le bain de vie qu’est le Coeur de Dieu, ouvert en celui de Son Fils Jésus-Christ.

Il est le seul lieu possible de notre régénération et de notre restauration. Pas pour y faire pénitence, nous y lamenter et nous y flageller, mais pour y trouver refuge, nous y réconforter, y reposer et y refaire notre âme. Pour nous y laisser aimer et vivifier.

Et ce coeur de Dieu n’est pas ailleurs que dans le nôtre et que dans le coeur de toute chose créée. « L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le coeur » dit le renard au petit prince. Aujourd’hui, c’est Jésus, le grand prince de la Paix qui nous le redit.

Le Coeur c’est l’Amour, et l’Amour c’est le Coeur de tout, l’essence de tout.

Alors quand nos cœurs seront à nouveau irrigués et restaurés, ils pourront battre d’une vigueur nouvelle, et chaque battement de nos cœurs ainsi renouvelés, pourra illuminer notre visage (et tout notre corps) d’un flux de vie qui lui rendra son éclat, malgré son âge, malgré ses cicatrices, et même malgré la douleur si elle est encore là.

Et notre cerveau pourra à nouveau se (re)mettre à penser (et à panser), de manière plus créative, éclairé par les valeurs de notre cœur qui seules savent le faire fonctionner de manière constructive : l’Amour, la Paix, la Joie, le Partage, le Bien, le Beau, le Bon, le Vrai.

Si Christ est notre Tête, notre chef et notre pasteur, celui qui conduit le troupeau, n’oublions pas qu’il est d’abord un Coeur, un cœur ouvert sur le monde, un coeur d’agneau immolé, qui ne se transforme en coeur de lion vainqueur qu’après avoir accepté de mourir sur la croix et de remettre son esprit et sa volonté entre les mains de Dieu.

« Que ta volonté soit faite (fête!) sur la Terre comme au Ciel », dans l’univers visible ainsi que dans l’univers invisible.

Ce qui rendra l’éclat à notre visage ne pourra jamais venir de l’extérieur ni de l’humain, et pour cela il nous faut l’humilité du retour à soi et au divin.

Pas un divin extérieur à nous et qui nous brise de ses lois, mais un divin intérieur à nous-mêmes, qui jaillit et nous (re)construit, car il est la vie, le mouvement et l’être de toute chose créée, sur Terre et dans le Ciel.

Amen 🙏🏼

Elisabeth Cécile

Ps. Nos morts sont souvent des émondages, des tailles nécessaires à plus de croissance et plus de vie, des grains de blé qui tombent en terre et meurent pour porter du fruit, un fruit qui demeure…

Alors sachons accueillir nos propre morts, celles de l’Eglise aussi, car elles nous conduiront vers plus de Vie.

HEUREUX LES ARTISANS DE PAIX

ILS SERONT APPELÉS FILS DE DIEU

Matthieu 5, 9

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3 réflexions sur “Le Christ : Tête ou Coeur ? ou comment restaurer notre visage de l’intérieur ❤️😍

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