Développement personnel, Religion catholique

Annoncer ou dénoncer ?

J’ai lu un article au titre très interpellant hier, d’Ilios Kotsou, chroniqueur contributeur dans l’excellent magazine « happinez » que vous pouvez trouver dans n’importe quel kiosque à journaux. Il n’est pas le seul magazine intéressant en développement personnel, mais c’est celui dans lequel je me retrouve le mieux et qui me nourrit le plus.

Je reprends à mon compte le titre de son article : Annoncer ou dénoncer ?

Suite à une manifestation qui lui tenait à cœur et à laquelle il n’avait pu participer, l’auteur s’est quand même rendu sur les lieux, plus tard, par solidarité. Il s’est alors retrouvé seul face à l’immuabilité des choses et de la nature, dans cette place à présent vide du combat auquel il aurait tant aimé participé.

Ce qui lui a redonné la paix et lui a permis d’écrire cette phrase que je trouve magnifique : « Se positionner uniquement « contre » risque de laisser ces éléments contre lesquels nous nous dressons mener la danse »

Elle rejoint ce que j’essaie de vivre, même si mon côté « enfant intérieur sauveur » a toujours vite fait de me rattraper…et trop souvent de m’égarer !

Suite à toutes ces (re)mises en lumière, qui malheureusement ne sont pas des révélations, mais une enième répétition du côté sordide et pervers de l’institution catholique, je suis évidemment montée au créneau comme à mon habitude, mais sans y trouver ni paix ni soulagement. Bien au contraire, je me suis sentie me perdre et ne plus savoir où j’en étais, ni qui j’étais.

Heureusement je suis vite revenue sur terre et dans la réalité de ce que je suis invitée à vivre en ce temps d’arrêt maladie : prendre soin de moi, m’occuper de moi (et non des autres comme je sais si bien le faire, fuyant ainsi la réalité véritable de qui je suis et où j’en suis😬)

Comment pourrais-je porter le poids du monde sur mes épaules (et en l’occurrence celui de l’Eglise catholique !) alors que je suis déjà à terre et essaie doucement de me relever ? Ou pour être plus honnête, déjà relevée, mais encore en convalescence, pour réapprendre à marcher et pouvoir peut-être courir à nouveau si besoin. Qui sait !

De plus, même si mon côté entier, excessif et passionné, me fait croire que je peux sauver le monde (ou du moins l’Eglise catholique toute entière, soyons fous 😅) , dans la réalité des faits, c’est le Christ qui a déjà accompli cette mission ! Et comme m’a dit un jour un patient : « de toute façon docteur, vous ne pouvez pas sauver tout le monde et venir en aide à chacun de ceux qui font appel à vous, c’est matériellement impossible. Et puis si vous ne vous occupez pas aussi de vous, vous ne pourrez plus vous occuper de personne ! ».

Comme il avait raison cet homme…

J’ai tellement tiré sur la corde que je me retrouve aujourd’hui dans cette dure (mais sûrement salvatrice) réalité : je dois uniquement prendre soin de moi en ce moment, je n’ai la capacité de rien d’autre !

Et c’est drôle de voir comme je suis prompte à vouloir quand même aider les autres et apporter ma pierre à l’édifice dès que je retrouve un semblant d’énergie et de vitalité (surtout quand une cause me tient à cœur !).

Cependant j’ai réalisé plusieurs choses ces deux derniers jours :

1. On ne peut reconstruire un édifice en train de s’écrouler…il faut attendre la fin du séisme avant d’aller secourir les victimes. La meilleure technique de survie est de se protéger, et protéger ceux qui nous entourent, en un lieu sûr, en attendant que tout ai fini de s’effondrer. Et en cas d’incendie, seuls les pompiers expérimentés et correctement ignifugés peuvent traverser les flammes. Hors je ne suis ni pompier professionnel, ni sauveteur assermenté pour des désastres aussi grands et meurtriers.

2. Je suis moi-même une victime… c’est bien difficile à admettre, mais je suis une brebis blessée du troupeau, qui a été broyée dans la bouche des bergers, perdue entre deux eaux, et me relevant à peine de l’asphyxie… qui puis-je prétendre aider ainsi ??? Une partie de moi a toujours essayé d’être un chien de garde, aboyant pour prévenir du danger, surtout celui pouvant venir du berger lui-même, mais à trop m’investir dans cette mission, j’ai oublié de prendre soin de la brebis blessée que j’étais, et je me suis égarée… Heureusement, dans mon malheur, Jésus-Christ le Bon Berger a entendu ma détresse et est venu me sauver. Et il n’a pas hésité à descendre tout au fond du profond ravin dans lequel j’étais tombée.

3. Comme dans l’Evangile du Bon Samaritain, je suis cet homme roué de coups, à moitié mort au bord du chemin. La plupart des lévites et docteurs de la loi ont passé leur chemin, sans un regard ni un geste pour moi. Par peur de se salir les mains et de devenir impurs…alors qu’en réalité il le sont déjà et ne s’en aperçoivent même pas 😢. Les autres ont cru pouvoir me guérir au sein même du chemin de l’Eglise, chemin sur lequel j’ai été agressée et blessée.

Mais le Bon Samaritain Jésus ne m’a pas laissée au bord de ce chemin, il a entendu mes gémissements plaintifs (car au bout d’un moment je ne pouvais même plus crier à l’aide !). Et surtout, il m’a conduite dans une auberge où je suis accompagnée par de nombreux aubergistes qui m’aident à prendre soin de moi, et me (re)donnent des clefs de guérison. Pour qu’à mon tour je devienne moi aussi une bonne samaritaine , capable de mener les blessés de la route vers l’auberge adaptée à leur état et qui leur rendra des forces.

4. Curieusement, cette auberge n’a rien de catholique au sens de l’Eglise qui se dit catholique…et pourtant, le langage qu’on me tient dans cette auberge est très universel, et j’y (re)trouve mis en actes ce que m’a toujours enseigné le Christ au travers de l’Evangile. Cette bonne auberge où l’on me sert une nourriture vivifiante et saine, et où l’on continue de soigner efficacement mes plaies, c’est celle du développement personnel et de tous ces gens qui sont dans l’éveil de la conscience, en mouvement pour grandir, changer, évoluer et devenir de meilleures versions d’eux-mêmes, afin de contribuer à bâtir un monde toujours nouveau et meilleur. Un monde qui, sans être un chemin facile du tout, me semble avoir plus le goût du Royaume de Dieu vivant et présent au milieu de nous, que celui très amer et mortifère que me donne à voir, à entendre et à manger l’Eglise catholique en ce moment. Je rencontre enfin des personnes capables de se remettre sans cesse en question (et donc de se convertir) et qui m’invitent inlassablement, en le pratiquant elles-mêmes, au non jugement sur l’autre (et sur moi-même), à l’amour inconditionnel et bienveillant de qui il est malgré ses faires erronés (qui sont aussi des fers qui l’enchaînent). Rien d’autre que la mise pratique de ce que j’ai appris de l’Evangile…et des justes paroles de l’Eglise ! Cependant, ce qui fait la force de ces personnes, issues de tous les horizons et de toutes les religions, même si parmi elles il y a aussi des personnes capables de perversion et de compromissions (notamment plus elles deviennent matériellement riches), c’est qu’elles prêchent par leur exemple et par leurs actes, et non uniquement en belles paroles de surface. Et elles ne se considèrent pas comme au-dessus du lot, mais comme élèves apprenant avec tous, vulnérables et capables de dérapages elles aussi.

Il fut un temps où l’on disait : hors de l’Eglise point de salut… Je crois que la tendance s’est totalement inversée, et qu’il devient de plus en plus difficile de trouver le salut au sein de l’Eglise catholique…. Alors j’invite tous ceux et toutes celles qui trouvent au bord de leur chemin, des victimes de l’Eglise catholique ou de la vie en général (ou qui le sont elles-mêmes), à accorder les premiers soins sur place, pour ensuite mener les personnes blessées vers une bonne auberge, qui à mon avis n’est surtout pas l’Eglise catholique en général, ni aucun de ses membres, surtout s’ils sont blessés ou remontés contre l’institution…

Car de mon expérience de victime extrêmement blessée, et de mon point de vue de professionnelle du soin d’accompagnement, il est illusoire d’espérer trouver, à l’heure actuelle, de quoi reconstruire les brebis malades au sein de l’Eglise catholique, notamment au niveau institutionnel, surtout dans ces endroits qui défigurent le Christ et ne l’habillent pas, ne le visitent pas, ne lui donnent ni à manger ni à boire au travers des plus pauvres, des plus fragiles, des plus blessés et des plus petits.

Mon diagnostic est d’une part que l’Eglise catholique institutionnelle dans son ensemble (clercs comme laïcs) est profondément malade, d’autre part qu’elle refuse de le reconnaître. De ce fait, elle ne peut donc, ni avancer vers la guérison ni venir en aide à ceux qui sont blessés.

Et croyez-en mon expérience d’addictologue, on ne peut aider que ceux qui veulent changer et y sont prêts.

Pour les autres, plus on veut les obliger par la force ou la contrainte à changer, plus on renforce leur résistance au changement et plus on diminue la chance qu’ils reviennent vers nous le jour où ils auront enfin envie de changer. Ceci dit, la contrainte de la justice, des familles ou de l’employeur, est utile et nécessaire au processus.

Mais les bons thérapeutes savent qu’il faut rejoindre le patient là où il en est, et attendre avec patience et bienveillance le moment venu du changement (le retrait de permis de trop, l’incarcération de trop, le départ du conjoint, la perte d’emploi de trop, etc.)

Sauf qu’à l’heure actuelle, je ne suis pas capable d’être un bon thérapeute, ni pour mes patients ni pour l’Eglise. Je ne suis pas non plus  actuellement en mesure de dénoncer efficacement les torts que j’ai subis de la part de certains membres de l’institution, vu que je m’en sens encore coupable et ne me le suis pas encore pardonné…

Je peux juste marcher vers moi pour prendre soin de moi, m’accueillir et apprendre à m’aimer telle que je suis, qualités et défauts, forces et faiblesses inclus 🤗

C’est un tout que je dois accueillir tel quel, sans d’abord espérer le changer, car le désir et la motivation à un changement véritable, en profondeur et non superficiel, viennent après l’amour inconditionnel de qui je suis, et de tout ce que j’ai pu commettre comme erreurs, voire même comme fautes… J’ai beaucoup de circonstances atténuantes, et si ma responsabilité est engagée à tous les niveaux, je suis très peu coupable, voire innocente du mal que j’ai commis. Et si je suis coupable je peux apprendre à me pardonner, puisqu’en plus Dieu m’accorde son pardon et sa miséricorde. Sachant qu’une imperfection, même persistante à vie, n’est pas un horrible et impardonnable péché ! Parce que la nature crée par Dieu est remplie d’imperfections et de fausses notes (qui en réalité n’en sont pas !) et c’est d’ailleurs au travers de ces imperfections, transfigurées par La Lumière et l’Amour qui habitent en chacun et chacune de nous (même si nous leurs donnons des noms différents) qu’Il peut alors rayonner et réchauffer ce qui est froid, baigner ce qui est aride et rendre droit ce qui est faussé.

Alors finalement, j’ai compris je ne suis capable ni d’annoncer (quoi que !) ni de dénoncer pour l’instant ! Car j’ai, en ce moment, perdu la capacité de danser avec qui que ce soit 🤗

Je suis concentrée sur la danse (et le dense!) de mon intériorité, en laquelle je suis invitée à retrouver force et courage, nouveauté et motivation.

Mais ça reviendra, c’est une question de temps, de moyens… de patience et de persévérance 🙄😅

Elisabeth Cécile

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2 réflexions sur “Annoncer ou dénoncer ?

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