Développement personnel

Du temps pour soi

Pas si facile de prendre du temps pour soi… Oh, je ne parle pas de ces temps d’évasion que l’on peut prendre devant sa télévision ou en courant derrière je ne sais quelle chimère, au sens propre comme au sens figuré du verbe courir d’ailleurs !

Je veux parler du véritable temps pour soi, où l’on s’occupe de ce qui est bon pour soi, de ce qui nous fait grandir, de ce qui nous ressource en profondeur et nous nourrit de manière choisie.  De ces temps où l’on apprend à s’aimer en vérité, ou l’on prend du recul sur les choses et les êtres, les situations, pour devenir véritablement acteur et créateur de sa vie.

Il est si facile de se fuir et de revenir vers ses anciennes habitudes : se perdre dans le besoin et le désir des autres, en se disant qu’on fait une bonne action et que l’on correspond à ce qu’on attend de nous, à ce don de soi auquel l’altruisme nous invite, à cet amour soit-disant véritable qui fait du don un amour plus pur et plus élevé qu’un amour qui reçoit. Sachant que les désirs et les besoins des autres sont insatiables et infinis, et qu’on peut longtemps s’y cacher ou s’y perdre, jusqu’à ce que le mental ou le corps (et ce fut les deux dans mon cas) dise : STOP !

Alors on se réfugie dans le repos, le tricot, la distraction, le loisir, la détente, la relaxation, la marche, la méditation, la prière aussi (puisque si on est croyant, on a foi en un Dieu qui veut notre bien, qui est notre secours dans l’épreuve), etc. pensant que tout ceci nous ressourcera et nous permettra de repartir du bon pied…

Seulement voilà, même cela ne suffit pas, tant que l’on n’a pas pris le temps de la rencontre avec soi, d’un face à face sans masque, dans la nudité du soi à soi, ou du soi à moi.

D’où je viens, qui je suis, où je vais ?

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C’est bien difficile en réalité de définir qui nous sommes vraiment, et il semble que la réponse soit un « nous », au pluriel donc.

Un « moi » qui parait bien égoïste, qui voudrait tout ramener à lui, et que l’on blesse et maltraite en permanence, tant les autres que nous-mêmes, et à qui l’on reproche sans cesse de prendre trop de place…ou pas assez ! Que c’est difficile de lui trouver une juste place, de ne pas le faire mourir, en voulant à tout prix l’ignorer ou le rabaisser, car sinon c’est tout qui meurt en nous ou alors lui qui prend toute la place par esprit de revanche et de survie.

Que c’est difficile de l’élever à la bonne hauteur, et de le respecter, sans se blâmer de vouloir écraser les autres ou de les écraser sans le vouloir. Quel pouvoir de l’éducation et de mes propre constructions mentales sur cet ego et cette estime de moi, qu’on m’a toujours appris à mettre à ras de terre, pour être aimable et aimée, autorisée à exister… sans que cela fonctionne d’ailleurs, ni dans le sens de la mort de l’ego ou de celui de me sentir aimée et aimable 😢

Et puis il y a cette partie qui dit « Je » et dont on sent très bien qu’elle est différente du « moi » si l’on y regarde bien. Un « Je » qui est capable de prendre de la hauteur, de la distance, un « Je » qui pense, qui est moins instinctif, moins vindicatif et plus altruiste, même s’il se mélange aussi parfois avec un autre « je », plus proche du « moi » et avec lequel se joue bien souvent un « je » (jeu!) de dupes !!!

Sans oublier son corps. Ce corps qui n’est pas vraiment moi et qui me donne l’impression de l’habiter comme on vit en terre étrangère, mais qui dès qu’il souffre ou ressent une émotion intense, de l’ordre de la joie ou de la peur, devient « moi » ou devient « je », sans aucune équivoque !!!  « Je suis mon corps qui souffre, je suis mon corps qui a mal, je suis mon corps qui rit, je suis mon corps qui jouit, je suis mon corps qui a peur. »

Mais nous avons encore si souvent du mal à voir et à ressentir que : « je suis mon corps qui respire, je suis mon corps qui vit, je suis mon corps qui dort, qui marche, qui vibre, qui bât chaque minute au rythme de la vie en moi et autour de moi, au rythme de mon coeur et de mes organes, de mes processus biologiques et de ma pensée de qui je suis, et bien plus souvent qui vit et vibre aussi qui je suis, qui je crois que je suis, même si je n’y pense plus ou pas.

Et puis il y a aussi cet autre moi, subtil, que certains appellent l’âme et d’autres l’esprit, ce quelque chose qui me traverse et que je ne peux enfermer dans rien, dans aucunes limites humaines ou terrestres, et que je perçois comme distincte de mon corps et de ma pensée, ou de mes émotions. Tiens, je les avais oubliées celles-là !!! Combien de fois ne suis-je pas aussi mes émotions, tellement collée à elles que j’en oublie le reste de qui je suis en vérité et en totalité.

C’est si complexe « qui je suis », même si on s’applique souvent à le voir comme compliqué ou compliquant, complexant même …  Mais qui est cependant si riche de complexité comme j’aime à le faire remarquer à mes patients. Et pourtant quand je me regarde moi, je me sens déroutée et démunie, incapable de rien, bien plus que quand je regarde l’autre…

C’est comme un énorme package avec lequel je dois me débrouiller et duquel on ne m’a pas appris ni donné le mode d’emploi. En tout cas pas le mode d’emploi général, ni les connections pour brancher entre eux les différents systèmes.

J’ai longtemps crié vers Dieu cette prière : « Unifie mon coeur pour qu’il craigne Ton Nom ! », sentant bien toute la dispersion de mon être, comme une vitre brisée en milles morceaux….

Aujourd’hui je pense avoir rassemblé tous les morceaux et recollé toutes les pièces, car je me sens une et unique, unifiée.

Mais le logiciel n’est pas encore au point, je ne sais encore pas utiliser la machine à son plein potentiel, ni même à son régime de croisière, et je me sens dans le balbutiement des premiers essais de la marche ou de la première machine volante. Obligée de remettre cent fois l’ouvrage sur le métier.

Évidemment, d’autres avant moi on construit leur propre appareil, et volent de leurs propres ailes, marchant d’un pas assuré et sans tomber ni retomber au bout de trois pas…

Mais leurs pièces sont différentes des miennes, ainsi que leurs circuits de programmations. Et je ne peux faire un copié-collé de leurs travaux sur moi-même !

C’est tout cela finalement prendre du temps pour soi je crois : comprendre comment je fonctionne, comment je peux améliorer mon rendement énergétique et faire de moi une meilleure personne. Pas une personne qui ressemble à une autre, mais juste une meilleure version de moi-même, pour être en meilleure relation avec le monde qui m’entoure, monde visible et invisible, dont j’ai besoin pour vivre, et qui en retour a aussi besoin de moi pour exister à son meilleur potentiel.

Car ce que j’apporte au monde est unique et irremplaçable. Et que je sois un silence, un forte ou un pianissimo, un aigu ou un grave, une note harmonieuse ou même une fausse note (car la fausse note n’existe pas en soi, elle crée juste du nouveau par rapport à une norme en élargissant l’accord), j’ai toute ma place dans la symphonie de l’univers. Et un très grand merci à Marc Vella de faire si joliment l’éloge de la fausse note !

Alors oui, je dois prendre du temps pour moi, pour que ma note ou mon silence vibre pleinement.

Car si je passe tout mon temps à aider les autres à jouer leur partition du mieux possible, comme je l’ai fait jusqu’à présent, je ne suis plus capable de jouer celle pour qui j’ai été créée, et qui est une harmonie de tout mon être, dans son « moi », son « je », son « soi », son « nous », son âme, son corps, son cœur et son esprit.

Et quand on regarde tout ce qu’il y a à harmoniser… cela mérite vraiment de s’accorder ce « temps pour soi », même si c’est vraiment ardu certains jours, et que c’est avant tout un chemin, avec des hauts et des bas, et non un fin en soi. 🤗

Même si c’est résolument une faim, qu’il nous faut assouvir de la meilleure nourriture qui soit (soi) !😉

Elisabeth Cécile 

Ps. En sachant que soi tout seul n’existe pas, car nous sommes des êtres de relation. Tout ce que chacun est reste inscrit dans ce grand tryptique qui de mon point de vue peut seul équilibrer nos vies : 

Dieu (ou le divin en général, le plus grand que soi) – Soi- Les Autres (nos semblables en humanité)

Ce tryptique incluant dans chacun de ses composants toute la création : le monde animal, minéral et végétal. Car tout nous relie et nous sommes tous fait de la même énergie vibratoire et selon les mêmes règles de constructions, de l’infiniment grand à  l’infiniment petit, et nous faisons partie d’un grand Tout.

Que moi j’appelle Tout-Puissant, et aussi Dieu Trinité. Qui est Amour et relation, dans le don total du Père, l’accueil infini du Fils et la commune union ou communion de l’Esprit, et qui accueille toute l’humanité et toute la création en son sein !

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