religion

Marie, femme sacerdotale et liturgique

Marie est prêtre à mes yeux, selon l’ancienne et la nouvelle alliance :

Plus que tout autre homme (ou femme), Marie incarne la médiation entre Dieu et les hommes ainsi que celle entre les hommes et Dieu. Ce qui est la définition et le ministère du prêtre selon l’ancienne alliance.

Au travers du Fiat de Marie, Dieu offre au monde un rédempteur. Par son statut de Fille de Dieu, de Servante du Seigneur et d’Epouse de l’Esprit, Marie offre aux hommes, Dieu Lui-même, qui se fait désormais l’Unique Victime, une fois pour toute, rendant inutile tout autre sacrifice. Elle est en tant que femme, médiatrice entre Dieu et l’Humanité. Tout comme Jésus se fait, en tant qu’homme au masculin, médiateur entre Dieu et l’Humanité.

Dans son statut de Fille de l’Homme et dans son humanité de femme, en s’unissant au sacrifice de Jésus homme au masculin sur la croix, elle offre à Dieu avec l’humanité toute entière, l’Agneau sans tâche, immolé pour le salut du monde. Lui qui est également le fils de sa propre chair immaculée. Ce qui fait qu’elle aussi, comme Jésus et comme le prêtre qui agit en la personne et par l’autorité de Jésus lorsqu’il consacre, peut dire : « Prenez et mangez en tous, ceci est mon corps livré pour vous »

« Prenez et buvez en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l´Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés.»

Qui mieux que tout autre sur cette terre, à part Jésus lui-même, peut prononcer ces paroles de la consécration eucharistique que Marie ?  Par son Immaculée Conception, et en portant Jésus dans ses entrailles, elle fait corps avec lui et ils sont tous les deux une même chair. Elle est en intimité directe avec Dieu par Jésus, avec Jésus, en Jésus, et donc : par Lui, avec Lui, et en Lui !

Elle s’unit au sacrifice d’amour que Jésus offre au Père en étant victime avec Lui au pied de la Croix, son cœur douloureux et immaculé totalement uni à celui doux et humble de son fils. C’est de leurs deux cœurs transpercés que naît l’Eglise, qui sera baptisée dans le feu le jour de la Pentecôte. Et Jésus au moment de mourir la donne pour mère en tant que Femme à Jean, le disciple qu’Il aimait et qui nous représente tous, membres de l’Eglise Corps du Christ.

A travers ces deux âmes de Marie et de Jésus, qui s’effacent humblement l’une devant l’autre par leur pauvreté et leur humilité, Dieu s’abaisse pour entrer directement en intimité avec son peuple. Il n’y a plus besoin de l’intermédiaire du prêtre de l’ancienne alliance. Et si Jésus est l’Unique Grand-Prêtre au masculin, il semble à mes yeux de femme, que Marie au pied de la croix est l’Unique Grand-Prêtre au féminin. Jésus Nouvel Adam, Marie Nouvelle Eve, un homme et une femme unis de manière nouvelle pour sceller une Nouvelle Alliance qui rachète le péché originel, c’est à dire ce qui a séparé l’être humain de Dieu au fil de son évolution et qui a été mis en parabole dans le récit de la Genèse. L’image de Dieu sur terre, tel que décrit dans la Genèse, et qui exprime le mieux Son Amour et Sa Miséricorde, c’est l’union indissoluble du masculin et du féminin.

Marie et Jésus sont indissociables et unis pour l’éternité, tant par la chair que par l’esprit : il est le fruit de ses entrailles, conçu de l’Esprit Saint et elle est la comblée de grâce qui écoute la parole de Dieu et la met en pratique. Leur nourriture, c’est de faire la Volonté du Père qui les a « envoyés » sur terre.

Et si elle a laissé toute la place à Jésus lors de son ministère sur terre, s’effaçant devant Lui en disant « faites tout ce qu’Il vous dira », aujourd’hui, c’est elle qui prend la place du Christ et c’est elle qui est missionnée par Dieu Père pour annoncer La Parole qu’est le Christ, pour nous le donner en nourriture, pour prêcher la conversion et le pardon des péchés, pour réconcilier le monde avec Dieu et accomplir des miracles. N’est-ce pas le sens de toutes ces apparitions mariales un peu partout dans le monde ? De même que toutes ces représentations mariales issues de la piété populaire ? Comment les comprendre sinon ?

S’il y a bien une femme qui depuis plus de deux milles ans vit et accomplit pleinement avec grâce le sacerdoce ministériel de Jésus, c’est bien Marie, tout à la fois Fille de l’Homme et Fille de Dieu, Servante et Épouse de l’Eglise, tout comme le Christ est Serviteur et Époux de l’Eglise.

Je n’ai pas d’autre modèle que Marie dans mon intention de vivre et d’accomplir au féminin l’Unique Sacerdoce du Christ, ni d’autre modèle que Jésus dans mon intention de le vivre et de l’accomplir au masculin.

Tout comme il me semble le font déjà tous les prêtres ordonnés de l’Eglise catholique, dont aucun je crois (ou alors vraiment très peu) n’accomplit son ministère sans cette union du coeur à Marie, certes Vierge et Mère, mais avant tout Femme.

Une femme bénie entre toutes les femmes, notre sœur en humanité à tous et toutes, tout comme Christ est notre frère en humanité à tous et toutes. Un Dieu qui se fait chair et s’incarne en l’Homme, homme et femme. Dieu fit l’Homme à son image, homme et femme il le fit…

Amen

Elisabeth Cécile 

Post-sriptum : regardez et contemplez Marie à Pontmain et à La Salette. Comment ne pas la voir en habit liturgique, à l’image du prêtre lorsqu’il célèbre ou administre les sacrements ? … Je ne suis plus capable de la voir autrement. C’est une évidence pour tout mon être.

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3 réflexions sur “Marie, femme sacerdotale et liturgique

  1. Je vous ai lue Elisabeth, et j’aurais vraiment beaucoup à dire… Ce que m’inspire premièrement votre démonstration, c’est qu’elle est fondée sur des données déviées. Pour justifier votre ressenti de vocation à la prêtrise, vous ne faites rien moins, sans employer le mot, que de considérer Marie mère de Jésus comme co-rédemptrice de l’humanité. Or ce dogme n’est pas prononcé et encore moins encouragé, il est plutôt banni et le fait de théologiens déviants qui n’ont pas vraiment bonne presse à Rome.
    D’autre part, dans votre revendication que vous savez mal accueillie en Eglise, je trouve personnellement que vous ne prenez pas beaucoup de risques en surfant sur la vague de l’hyperdulie catholique. Le but est-il de vous montrer « bien dans les clous » de la mariologie poussée à son paroxysme pour paraître crédible dans cette Eglise ?
    Pour ma part, je ne cesse d’essayer de mener mes coreligionnaires à la raison en leur rappelant encore et encore que Marie n’est que mère de Jésus-Christ – et au passage, de ses nombreux frères et sœurs nés après lui – et que Notre Seigneur, homme mûr qui a atteint les 33 ans, a eu largement le temps au cours de sa vie de prédication de la Parole de Dieu de « sortir des jupes » de sa maman.
    Je suis choquée lorsque l’on fait de Jésus et de sa mère un couple. Dans la vie courante, quoi de plus malsain qu’un couple mère-fils ? Et cela encore d’autant plus quand le fils est célibataire, voire consacré !

    Vous le savez Elisabeth, je n’ai aucune revendication personnelle au sacerdoce et je ne suis même pas favorable au sacerdoce des femmes. Et cependant, il me semble que je prends plus de risques que vous dans notre Eglise commune, puisque je dénonce jusqu’à la doctrine de « Marie nouvelle Eve ». Je ne vois absolument pas en quoi Marie serait la nouvelle Eve, puisque mère de Jésus, elle ne peut aucunement être assimilée à sa partenaire féminine, ils sont mère et fils et d’une génération d’écart !

    Je crois que c’est encore plus courageux et risqué de contester, tout en restant dans l’Eglise catholique, ce genre de doctrine séculaire exacerbée de nos jours que de justifier, dans l’hyperdulie ambiante qui fait tant de tort au rapprochement des églises chrétiennes, une « vocation » au sacerdoce catholique quand on est une femme.

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    • Je vous remercie beaucoup pour ce commentaire Véronique. Il m’invite à la réflexion. Tout d’abord merci de me faire connaître ce mot d’hyperdulie que je ne connaissais pas (et pourtant je suis issue d’une famille protestante et mes parents se sont mariés au temple !)
      J’ai toujours eu beaucoup de mal avec le culte idolâtre à mes yeux voué à Marie et qui me paraissaient totalement incongru : pourquoi elle une simple femme la mettre si haut sur un piédestal et la sacraliser à ce point, d’une manière quasi supérieure à Jésus-Christ que lui on appelle notre frère ? On dit « tu » a Dieu dans le Notre Père et « vous » à Marie…Pourquoi la maintenir à une telle distance de l’humanité alors qu’elle est pleinement humaine, tandis que Jésus fils de Dieu est dit pleinement homme, semblable à nous en toutes choses (excepté le péché). Cela me semblait totalement incohérent et non ajusté.
      De plus, j’ai perdu ma mère brutalement à l’âge de 11 ans et je n’ai jamais supporté qu’on me dise que maintenant c’était Marie ma mère et qu’elle pouvait (voire devait) la remplacer.
      Et je me disais : pourquoi elle, pourquoi Dieu en choisit une comme ça au hasard et lui donne un statut particulier ? Et pire encore, Il la déclare (ou l’Eglise plutôt, ainsi qu’elle-même lors des apparitions à Lourdes) pure et sans péché, immaculée conception. Qu’est-ce que j’ai pu être jalouse de Marie et me trouver encore plus salie par sa virginité que l’on met sans cesse en exergue comme un poids écrasant sur les épaules des femmes, moi qui suis une femme humaine normale, avec quelques qualités mais aussi avec tant de limites et de défauts. Tandis que Jésus Lui, bien que sans péché, l’Eglise me dit que je peux m’approcher de lui et qu’au contraire c’est Lui qui vient vers moi, sans m’écraser de honte mais au contraire en me sauvant de Son Pardon.
      Je me trouvais dans une forte ambivalence vis-à-vis de Marie, l’aimant et la détestant à la fois et me sentant à des années-lumière d’elle, exaspérée par cette place si élevée que lui donnait l’Eglise catholique, comme si elle était une femme inhumaine finalement !
      Et une nuit j’ai vécu une expérience très forte ou j’ai compris que Marie était avant tout ma sœur en humanité, ma parente comme pour Elisabeth mère de Jean-Baptiste, une femme comme toutes les femmes, bénie entre les femmes et non au-dessus d’elles. Et je suis devenue de plus en plus proche de Marie, l’accueillant enfin complètement dans mon coeur et ma vie, comme une sœur et une mère, mais avant tout une amie à qui je peux tout confier et qui m’instruit en retour, par son parcours d’humanité.
      Et de mon point de vue, regarder Marie comme co-rédemptrice du genre humain avec le Christ la replace au bon endroit et la descend à mes yeux de son piédestal d’idole et de déesse non femme comme les autres où me semble l’enfermer l’Eglise catholique.
      Mais vous avez raison cela reste mon point de vue et ma petite expérience de vie avec elle et Jésus.
      Concernant le couple mère-fils, qui si j’ai bien compris vous parait incestueux si on rapporte Marie à Eve et Jésus à Adam, je dirai que cela reste des paraboles qui souhaitent enseigner un mystère inaccessible à notre cerveau limité.
      Eve veut dire je crois : la vivante, celle qui enfante, celle qui donne la vie. Et il me semble que cela correspond à Marie malgré tout.
      Sauf qu’elle n’enfante pas en s’unissant dans un rapport sexuel à Jésus, mais qu’elle enfante, par son Fiat et son union à l’Esprit Saint, Jésus qui deviendra Jésus-Christ en coupant le cordon avec elle. Moi aussi je suis très « attachée (!) » au fait que Jésus se coupe de ses racines humaines maternelles et paternelles, culturelles et religieuses, pour devenir pleinement adulte dans son humanité et devenir ainsi pleinement Fils de Dieu. Ce que nous sommes invités à faire à sa suite : nous détacher de nos apprentissages humains limités et limitant pour nous ouvrir à la vie divine du Royaume, et ce dès ici-bas.
      J’ai essayé de méditer sur qui est Jésus dans la Trinité, et Jésus n’est pas équivalent au Fils de la Trinité (il me semble avoir compris cela de la théologie de l’Eglise). Jésus est Dieu Trinité fait chair. C’est pour cela que toute ma chair de femme se révulse ou plutôt se questionne à l’idée d’un Dieu qui s’incarnerait uniquement dans l’homme XY pour racheter toute l’humanité et laisserai de côté le double X de la femme. En cela j’ai aimé votre réflexion sur le « genre » de Jésus et sa nature, peut-être différente des autres hommes au masculin.
      Mais du fait de mon histoire et de mon vécu je vois les choses autrement que vous dans la réponse que vous à cette question très intéressante de l’humanité sexuée de Jésus. Et sachez que votre réponse à vous m’a interpellée et rejointe, même si je n’y adhère pas complètement du fait de mon vécu et de mes connaissances différentes des vôtres.
      Il me semble que donner une place à la femme dans la mission de l’annonce et de l’accomplissement du Salut en Jésus-Christ n’est pas incohérent avec l’Evangile ni avec les autres religions, sachant que des femmes sont pasteurs depuis longtemps chez les protestants, et que d’autres sont prêtres et même évêques chez les anglicans. Et il existe aussi des femmes rabbins et des femmes imams.
      Mais je ne prétends pas qu’il faille que les femmes soient ordonnées prêtres. Je me pose juste la question. Et surtout je la pose à l’Eglise toute entière car je ressens cet appel très fort en moi. Et j’ai par habitude d’essayer d’exprimer l’entière vérité (réalité surtout) de ce qui m’habite. Tout comme vous je crois. Et c’est cela qui me plait beaucoup chez vous.
      Je n’ai pas peur des contradictions (enfin presque 😬) car j’ai foi que Dieu Lui est cohérence, même s’il parle différemment au travers de chacun de ses enfants.

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  2. Les femmes ont un grand rôle à jouer dans l’évangélisation, c’est tout-à-fait certain ! La mère de Jésus a joué le sien en donnant vie au Verbe de Dieu et en l’éduquant, c’est considérable, mais ce n’est pas une raison pour la mettre partout, en substitution des autres femmes de l’Evangile et de toute l’histoire de l’Eglise jusque dans notre aujourd’hui. Personnellement, il y a un personnage de l’Evangile qui m’intéresse au plus haut point, c’est Marie de Béthanie, qui n’est évidemment pas la même que Marie de Magdala. Il y aurait énormément à dire sur cette femme de l’ombre, à laquelle l’Eglise accorde si peu d’intérêt, alors qu’elle était sans doute la plus fidèle auditrice de Jésus et sa plus proche confidente – sans doute, à l’âge adulte du Fils de Dieu, bien davantage que sa mère.
    Concernant la place de Jésus Christ dans la Trinité, pour moi il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’il soit la deuxième Personne, et uniquement celle-là, le Père d’éternité étant la Première, lui qui n’est jamais descendu sur terre. Quant à la troisième Personne, la Ruah (je n’aime pas trop que l’on mette « l’Esprit Saint » au masculin), il nous reste tout à en découvrir… Rendez-vous dans mes lignes, si vous le voulez bien, car j’en parle très souvent.

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