L’ailleurs est plus près que tu ne crois !

C’est l’heure exquise ! Celle où la chaleur étouffante de l’après-midi fait place à la douceur du soir.

Celle où toute la nature s’illumine de tendres couleurs. Le soleil de midi, brûlant lorsqu’il était à son apogée, réchauffe maintenant tendrement mes épaules.

Une douce brise caresse mon corps, à l’image d’un vêtement soyeux. Une cloche sonne l’angélus dans le lointain, et accompagne le chant des grillons et des crickets, qui se répondent dans un murmure incessant, à peine couvert par le bruit de l’eau, qui court bruyamment en cascade sur le rocher à quelques pas de moi, pour venir se calmer juste sous mes yeux, puis s’écouler plus lentement vers son lit d’aval, mais toujours onduleuse et joyeuse, le fond de l’air irisant sa surface de fines vaguelettes.

Par moment le chant d’un oiseau perce le fracas de l’eau, tandis qu’un autre lui répond, du haut d’un arbre dont les feuilles pépient elles aussi, en un doux bruissement sous la brise légère qui les fait frissonner.

Un petit garçon s’élance dans la rivière. Sa voix aiguë et fluette transperce le fond de l’air, tandis que sous ses pieds j’entends les riantes clochettes du clapotis de l’eau.

L’eau de la cascade s’écoule en torrent, dans un flot ininterrompu, à l’image du temps qui passe : fougueux par endroits, plus tranquille voire immobile à d’autres. La température de l’eau est douce. Je le sais car je me suis baignée tout à l’heure, lorsque l’air était encore si chaud et que sa douce tiédeur me parût un océan de fraicheur !

Une grenouille donne soudain de la voix, suivie par une autre de ses congénères. Puis c’est tout un choeur qui nous offre un petit concert, se finissant sans le moindre applaudissements, dans l’indifférence générale des derniers baigneurs qui barbotent encore dans la rivière. Des enfants pour la plupart, seulement quelques adultes osant s’aventurer dans le courant qui leur arrive à la cheville ou jusqu’aux cuisses, à pas prudents et peu certains, fonction de la grosseur des cailloux,  les petites pierres semblant jouer à se faire tantôt abruptes tantôt glissantes sous leurs pieds nus.

Le soleil descend encore plus bas au travers des feuillages, obscurcissant la couleur de l’eau par endroits, et rafraichissant un peu plus la berge ombragée où je me tiens. Mais la chaleur de la pierre remonte du sol et alanguit d’un cran mon corps allongé. 

Je ferme les yeux et doucement je m’assoupis, dans un moment de semi-rêve où tout ne semble plus que luxe calme et volupté, comme dans ce poème de Baudelaire invitant au voyage…

Alors me vient au coeur cette réalité : pourquoi chercher loin de chez soi, dans un ailleurs plus grand et plus pittoresque, ce que la vie nous offre au jour le jour, dans la douceur et la bonté. Ici-même, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté… si nous prenons le temps de nous poser et de regarder, là où la vie nous a semé. 

Elisabeth Cécile

A la fin d’un agréable après-midi, passé en ma propre compagnie, sur les bords de l’Aveyron, à la Guinguette de Cazals

Méditation Poésie Réflexion, Photos

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