Développement personnel, religion

L’inévitable doute …

Juste après avoir rédigé ma lettre ouverte il y a quinze jours, en me demandant si je devais la diffuser ou pas pour la fête de Ste Marie-Madeleine, un immense doute m’a envahie sur tout ce que je m’apprêtais à dire et que j’écris dans mon livre. Notamment la réalité de cet appel au sacerdoce ministériel. Et surtout, ce « me voici » que j’écris et dit, et qui équivaut à un oui de tout mon être…
Suis-je prête à me soumettre aux moqueries et aux critiques, aux jugements qui ne manqueront surement pas ? Aux attaques voire aux menaces même, comme me l’a gentiment fait remarquer mon mari ! Vu que certains, si attachés à la tradition, verront peut-être du blasphème dans mes propos, voire un crime à punir ? Suis-je vraiment prête à suivre le Christ jusque là ?… Je ne sais pas, je ne sais plus. Est-ce que tout ceci a un sens finalement ?
Le plus difficile pour moi étant de me soumettre à l’autorité institutionnelle… Moi qui suis tellement attachée à ma liberté de pensée et d’action. Moi qui ai été témoin (et suis encore témoin, dans certaines paroisses ou mouvements d’Eglise) d’abus de pouvoir, d’abus de confiance, de nombreuses injustices et de totalitarisme de la pensée, commis par ceux qui détiennent le pouvoir et l’autorité…
Même si en réalité je suis moi-même esclave et non libre, encore liée à tant de croyances erronées, encore dépendante affective. Toujours tributaire du regard des autres sur moi, de celui de mon ancien accompagnateur spirituel en particulier, de qui je suis devenue dépendante, cela conditionnant la quasi totalité de mes actes… Mais conditionnant et occupant de moins en moins mes pensées, car j’avance sur mon chemin de libération, et j’en suis fière.
Malgré tout je constate que l’Eglise des premiers chrétiens s’est soumise à l’apôtre Pierre, un homme qui avait trahi, même si le Christ lui a pardonné et qu’il l’a publiquement institué pasteur du troupeau.
Si moi aussi un jour, je suis missionnée à un poste de responsabilité, je resterai toujours une femme qui a douté, qui a trahi, qui a été rebelle et infidèle, qui s’est compromise dans le mensonge, qui ne sait pas toujours contrôler ses émotions et ses sentiments, dépendante du regard des autres et de la nourriture. Une femme encore capable de commettre toutes ces choses, plus ou moins consciemment d’ailleurs… Alors comment pourrais-je demander à une institution composée d’êtres humains façonnés de la même glaise que moi, d’atteindre une perfection que je n’atteins pas moi-même, et que personne sur cette terre ne peut atteindre ?
Une institution que Saint-Paul n’a pas hésité à remettre en question concernant la circoncision des non-juifs. Alors si Saint Paul s’est soumis l’autorité de Pierre, le pasteur institué par le Christ, tout en osant argumenter et discuter avec lui sur des points de doctrines (nécessité de la circoncision de la chair ou suffisance de celle du cœur ?), pourquoi ne pourrais-je pas, moi aussi, et d’autres avec moi, prendre exemple et marcher dans les pas de ceux qui nous ont précédés ? En osant la confrontation et le désaccord, tout en restant dans le respect et l’amour.
Cependant, comment savoir si je ne suis pas dans une illusion totale ? Les quelques personnes ayant ma confiance à qui j’ai demandé conseil et envoyé certains écrits ne m’ayant encore pas répondu… Je me suis alors retrouvée plongée dans un doute immense avant de faire cette annonce publique. Une énorme remise en question… Mais j’ai essayé de continuer à avancer. Et la première chose que j’ai faite, c’est de prier Marie-Madeleine afin qu’elle éclaire ma démarche. Je me suis inscrite à deux neuvaines sur internet, que j’ai prié chaque jour jusqu’à hier.
J’ai aussi été cherché des éléments sur la vie de Marie-Madeleine, notamment dans l’oeuvre de Maria Valtorta, des écrits rassemblés dans plusieurs tomes : L’Evangile tel qu’il m’a été révélé. En lisant la vie de Marie-Madeleine et surtout les paroles de Jésus la concernant, concernant sa mort prochaine sur la croix, j’ai retrouvé courage, car de nombreuses paroles résonnent avec ce qui se vit en moi et que j’ai à cœur de partager. Alors j’ai continué à écrire, à mettre tout ceci en mots, et au fur à mesure j’ai retrouvé la clarté et la sérénité de ce que je me sens chargée d’annoncer au monde, et en particulier à l’Eglise catholique.
Mais je sais déjà que d’ici peu, le doute et la peur referont surface, comme toujours… C’est ainsi ! Je pense que je vais devoir faire avec, continuellement, et trouver au quotidien le courage qu’ont eut les premiers disciples et les apôtres. Saint Paul en particulier, qui nous relate ses doutes et ses combats dans nombres de ses lettres aux premières communautés chrétiennes. Saint Pierre aussi, lui qui a failli et trahi alors qu’il était déjà considéré comme le chef des disciples. Lui qui a été choisi alors qu’il n’était pas un grand docte savant, mais un simple pécheur de poissons. Par le souffle de l’Esprit il a osé annoncer le Christ en toute les langues au jour de la Pentecôte et a su guider le troupeau, jusqu’à ce que quelqu’un d’autre le guide où il ne voulait pas aller : le sacrifice de sa vie sur la croix, à l’exemple du Christ. Oui, il me faut puiser dans l’exemple du courage de ces deux hommes, pilliers de l’Eglise catholique, pour annoncer le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, à temps et à contre-temps, comme eux ont su le faire, malgré leurs faiblesses et leurs doutes.
Et puis, parce que l’Esprit parle encore aujourd’hui au travers d’autres prophètes, tout aussi inspirés même s’ils ne portent pas l’étiquette de la religion, je m’appuie aussi sur ce que dit Christine Lewicki que j’ai découverte récemment. Elle a écrit un super livre sur son expérience personnelle : « J’arrête de râler » et mis au point le programme « Wake up », pour aider les femmes à oser prendre leur place et exprimer leur brillance.  Christine parle des inévitables turbulences qui surviennent lorsque nous approchons de notre zone de brillance, cette zone qui fait chanter notre cœur et où nous sommes capables d’être pleinement nous-même. Et elle rappelle que les turbulences sont normales, et sont même un signe positif. Cela m’a rappelée ce que je ne supportais pas d’entendre dans mon adolescence : super, il y a du combat (spirituel), Dieu va nous bénir !

Bizarrement, la métaphore de Christine me permet d’accéder à une réalité que je repoussais de toutes mes forces, juste parce que l’enrobage me semblait trop illuminé, trop charismatique, mettant sans cesse en jeu le démon derrière ces combats, ramenant toujours tout au spirituel, comme si la vie n’avait aucun côté humain, physique ou psychique !
Le développement personnel m’a appris les mêmes réalités que celles que la religion catholique semble vouloir m’inculquer, souvent de force d’ailleurs. Et j’y ai trouvé un respect de qui je suis, une liberté, une notion d’apprentissage et d’expériences, avec des métaphores beaucoup plus faciles à intégrer et à vivre pour moi. Ce d’autant que ma foi au Christ me permet de faire le lien avec l’Evangile et la tradition catholique, me permettant de mieux concilier l’humain et ma foi en Christ.
Dans sa métaphore des turbulences, Christine prend l’exemple du pilote d’un avion, qui au moment de les traverser augmente la puissance des gaz. Alors c’est ce que j’ai fait : j’ai créé le blog et je me suis concentrée sur le script pour l’enregistrement vidéo. Et je suis fière d’avoir traversée seule ces turbulences (sans mes soutiens humains habituels, étrangement mais heureusement indisponibles ces jours derniers), en activant moi-même la manette des gaz… avec quand même mon mari comme co-pilote !
Ce que je retiens c’est que Dieu ne force pas notre liberté dans les périodes de doutes, et n’est pas non plus un magicien qui fait à notre place. Et c’est en traversant ces inévitables mais nécessaires périodes de doutes et de peurs, que nous devenons au fur et à mesure, de meilleurs navigateurs.  Et comme vous avez pu constater, je suis sortie victorieuse et vivante de cette traversée intérieure agitée !
Bonne fin de soirée !
Elisabeth Cécile

Nb : petit clin d’oeil à ce que je raconte : j’ai pris cette photo dans les Gorges du Pont-du-diable en Haute-Savoie. Et ce rocher que vous avez sous les yeux est le fameux Pont-du-diable ^^

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